Entreprise

Dans son nouveau bureau, des épingles multicolores éparpillées sur des cartes géographiques indiquent encore l'emplacement des magasins de bricolage du groupe Gib, qui viennent d'être vendus. Même si Diego du Monceau a quitté les commandes du premier groupe de distribution du pays au début de 1999, il veille toujours sur l'`empire´ qu'ont bâti ses ancêtres. Depuis lors, il est vice-président du conseil d'administration de Gib, un poste auquel il consacre encore une partie de son temps. Agé de 52 ans, celui qui dirigea Gib de 1985 à 1998, tourne aujourd'hui la page Gib avec un brin de nostalgie. Forcément. `Je baigne dans le groupe depuis que j'ai 12 ans´. Plutôt qu'une impression de gâchis, l'homme a le sentiment du devoir accompli. `Toutes les activités que Gib a vendues dernièrement (Inno, Gib Immo, Club, Brico) sont de belles affaires qui marchent bien et qui ont du potentiel". Diego du Monceau est à la base de l'expansion de Brico en Espagne et au Portugal dans les années 90, de Quick en France. ` J'ai toujours poursuivi deux objectifs: développer toutes les enseignes qui en avaient le potentiel et résoudre les problèmes historiques de Gib´, dit celui qui se qualifie d'entrepreneur. `Une société a des créateurs (les pères de GB-Inno-BM), puis il y a ses développeurs. C'est le cas de mes prédécesseurs et de moi-même. Et, enfin, il y a ceux qui décident de vendre tout un jour´. L'ancien patron de Gib n'est guère étonné de ce qui arrive aujourd'hui au groupe: `si j'avais été seul à décider, je n'aurais pas eu la même stratégie; Gib existerait toujours sous une certaine forme, il serait différent mais toujours vivant´. Depuis son départ de la `Tour d'Evere´, il a fondé avec d'autres entrepreneurs belges `E-Capital´, un fonds destiné à conseiller et à soutenir financièrement des PME belges, dont il préside le Comité de direction. Que faire avec le pactole qu'il va recevoir de Gib? Une chose est sûre: la famille du Monceau (représentée dans le capital par le holding Rainyve) réinvestira cet argent. `Nous sommes des entrepreneurs et souhaitons le rester. Nous pourrions, par exemple, aider une entreprise familiale qui voudrait se développer dans des métiers que nous comprenons et qui a une vue stratégique similaire à la nôtre´. L'homme, qui occupe différents postes d'administrateur indépendant (BBL, IBA, Infobel, etc) ne dirait pas non à un poste de gestion. On a souvent reproché à Diego du Monceau, quand il présidait aux destinées de Gib, d'avoir un profil trop financier - il a fait Solvay et un MBA à Harvard - et pas assez de distributeur. Il s'en défend: `je suis aussi un homme de terrain: tous les samedis, je me rendais dans un ou plusieurs magasins du groupe. Il n'y a pas un GB, Brico, Inno ou Club que je n'ai pas visité dans ma vie´. Très attaché aux valeurs familiales, Diego du Monceau n'exclut pas non plus de `refaire quelque chose en famille´.

© La Libre Belgique 2002