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Un dirigeant du constructeur automobile allemand Volkswagen, arrêté en début d'année aux Etats-Unis dans le cadre de l'affaire du "dieselgate", a formellement plaidé coupable vendredi devant un tribunal américain.

Olivier Schmidt, 48 ans et de nationalité allemande, a accepté de plaider coupable en échange d'une réduction de peine dans le cadre d'un accord avec les procureurs américains.

Ils ont ainsi abandonné le chef d'accusation de fraude électronique, l'un des principaux chefs retenus contre lui, pour lequel il aurait encouru jusqu'à 20 ans de prison.

Il connaîtra sa sentence lors d'une audience le 6 décembre. Il encourt jusqu'à sept ans de prison au titre de deux autres chefs d'accusation: complot de fraude et violation de la législation sur la qualité de l'air (US Clean Air Act). Il restera détenu jusqu'à cette date.

Olivier Schmidt avait fait part la semaine dernière de son intention de plaider coupable lors d'une audience devant un tribunal de Detroit (Michigan, nord).

Les procureurs estiment qu'il a contribué à la fraude en mentant délibérément aux autorités américaines lorsque des questions autour de la pollution réelle de ces voitures ont émergé.

L'ancien dirigeant de Volkswagen avait été informé au printemps 2014 de l'existence d'un logiciel frauduleux installé sur certains véhicules diesel du constructeur allemand depuis des années, pour déjouer les tests anti-pollution, a souligné le ministère américain de la Justice dans un communiqué.

Pourtant, "à l'été 2015, M. Schmidt a participé aux discussions avec d'autres employés de VW pour déterminer comment ils pourraient répondre aux questions posées par les autorités américaines ... sans révéler le logiciel truqueur", selon les commentaires inclus dans les documents publiés vendredi.

M. Schmidt a dirigé le service de conformité réglementaire de Volkswagen aux Etats-Unis de 2014 à mars 2015. Il a été arrêté en janvier par la police fédérale (FBI) à Miami (Floride, sud-est).

La justice américaine a approuvé en mai le plan d'indemnisation de quelque 600.000 clients du constructeur allemand aux Etats-Unis qui avaient acheté des voitures à moteur diesel équipées de ces logiciels.

Au total, le constructeur a payé plus de 22 milliards d'amendes et de dédommagements aux Etats-Unis dans le cadre de l'enquête menée par les autorités américaines et de l'Etat de Californie.

Démasqué par les autorités grâce à une ONG, le géant aux douze marques (Audi, VW, Porsche...) a reconnu fin 2015 avoir équipé 11 millions de ses voitures dans le monde d'un logiciel minimisant le niveau réel des émissions de gaz nocifs lors des contrôles de pollution. Ce scandale a maintenant rejailli en Europe.

Au total, sept dirigeants et ingénieurs de VW ont été inculpés aux Etats-Unis. M. Schmidt est le second à plaider coupable après James Liang, un ingénieur basé de 1983 à 2008 à Wolfsburg, le siège de VW en Allemagne, où il travaillait au département en charge du développement du diesel.