Entreprise

C’est le sujet qui faisait la une de tous les journaux brésiliens vendredi : l’actuelle présidente du Brésil, Dilma Rousseff, aurait été grugée dans un deal qui concerne la société pétrolière publique PetroBras (dont elle a été présidente) et une société d’Albert Frère.

Rétroactes : en 2006, PetroBras acquiert, pour 360 millions de dollars, 50 % du capital de Pasadena Refining System, une société pétrolière américaine dont le siège est situé à Pasadena, au Texas.

Astra Holding, une filiale via Transcor Astra de la société du groupe Frère CNP, détient l’autre moitié de Pasadena. Selon l’accord signé en 2006, la société d’Albert Frère peut exercer une option de vente ("put") à PetroBras, ce qu’elle réalise effectivement en 2008. La transaction s’effectue pour un montant de 820,5 millions de dollars, soit à un prix deux fois supérieur à celui payé en 2006 par PetroBras pour l’autre moitié du capital.

"Erreur fatale"

La société Transcor (dans les mains de Frère) avait, elle, acquis la société texane en 2005 pour à peine 42,5 millions d’euros. En clair, Albert Frère a multiplié son investissement par près de 20…

Pour se défendre, Madame Rousseff explique que cette clause (option de vente) lui aurait été cachée par ses collaborateurs de PetroBras et qu’elle avait donc un caractère opaque. "La présidente Roussef avance aujourd’hui que le rapport de son collaborateur de l’époque, M. Cervero, aurait négligé d’évoquer la fameuse clause au moment de signer l’accord", selon le Parti des Travailleurs de Belgique (PTB) qui a fait écho hier de cette affaire financière. "Mon collaborateur avait omis de me fournir certaines informations essentielles en 2006", aurait dit la présidente du Brésil qui pourrait être éclaboussée par cette affaire.

Selon certains médias brésiliens, Dilma Rousseff aurait commis une "erreur fatale" d’avoir accepté ce rachat alors que la presse n’incriminait pas particulièrement Albert Frère.

Il était question de mettre sur pied une commission parlementaire. Tout comme d’aucuns se demandaient si Madame Rousseff n’allait pas devoir également s’expliquer devant les tribunaux.