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La Cour de cassation française a confirmé hier deux arrêts de la cour d'appel de Versailles qui condamnaient le laboratoire UCB Pharma. Ce dernier avait commercialisé le Distilbène jusqu'en 1977. La prise de ce médicament au 1er trimestre de la grossesse exposait le foetus à développer des malformations génitales. Il pouvait aussi engendrer des problèmes de stérilité.

En avril 2004, la cour d'appel de Versailles avait reconnu la responsabilité d'UCB Pharma. En décembre de la même année, la firme avait été condamnée à verser 310000 euros de dommages et intérêts à la famille d'une jeune femme décédée d'un cancer lié à la prise de ce médicament. Hier, la plus haute juridiction de la République a mis un terme au feuilleton judiciaire. Elle a rejeté les pourvois du laboratoire contre deux décisions de la juridiction de Versailles. Pour l'association de victimes DES-France, l'arrêt de la Cour de cassation devrait «sonner le glas des contestations infondées du laboratoire UCB Pharma sur sa responsabilité». DES-France souligne que les conséquences néfastes de la prise du Distilbène ont touché «de nombreuses jeunes femmes, dont la vie personnelle et intime aura été bouleversée totalement soit par des cancers, soit par des impossibilités ou des complications de grossesse». Le groupe UCB rappelle quant à lui que cette affaire est «ancienne et très complexe», tout en précisant qu'il assumerait ses responsabilités.

Pas d'impact financier

UCB indique aussi que l'arrêt de la Cour de cassation n'aura pas de conséquences financières pour le groupe, «le dossier ayant été géré de façon proactive». Quant à sa responsabilité, «UCB considère qu'il a toujours agi de manière éthique», souligne Philippe Proost, président du conseil d'administration d'UCB France. «Le médicament a été découvert dans les années 1930 et indiqué dans les années 1950. En 1971, seule une étude statistique faisait état d'un lien possible avec des cas de cancer mais elle demandait elle-même à être confirmée. Dès qu'en 1975 une deuxième étude a prouvé le problème, UCB a demandé de rayer le médicament.»

Actuellement, la molécule qu'utilisait ce médicament reste utilisée dans le traitement de certaines pathologies comme le cancer de la prostate. La molécule avait été découverte par des chercheurs anglais, qui n'avaient pas demandé de brevet.

© La Libre Belgique 2006