Entreprise La gobeleterie vit peut-être ses dernières heures. Un ultime vote est prévu ce matin.

Les drapeaux des syndicats ne sont pas en berne mais ils pourraient l’être dans les prochaines heures. C’est la boule au ventre que les 140 employés se rendront sur le site de leur usine ce vendredi matin. À 9 heures, une assemblée syndicale du personnel aura la lourde tâche de se prononcer sur l’avenir de Durobor. Ouvriers et employés devront simplement voter par l’affirmative ou la négative à la question du CEO Herman Green : "Est-ce que vous me soutenez dans mon projet pour que l’usine continue ?" Si la réponse n’est pas positive, le sort de Durobor pourrait être scellé.

Le patron néerlandais de la gobeleterie sonégienne s’est donc peut-être adressé une ultime fois à son personnel hier soir. "Il a simplement dit qu’il voulait savoir si les employés croyaient encore à son projet ou non", raconte Stefano Fragapane, permanent FGTB, qui craint le pire. "Je ne sais pas trop ce qui sera décidé. Personnellement, je vois mal la chose mais je ne sais pas ce qui se passera. Quelle sera l’issue du vote ? C’est difficile à dire. Discuter de perte de salaire, c’est une chose. Discuter de perte d’emploi, c’est tout à faire différent. Moi, j’espère sincèrement qu’on sauvera Durobor. La décision appartient désormais aux travailleurs."

Herman Green , ne désespère pas. Il attend simplement un signe de ses travailleurs. "Si la majorité des travailleurs donne l’indication de vouloir continuer, ils devront reprendre le travail pour en donner la preuve", disait-il à la RTBF. "Parce que ça nous coûte énormément d’argent et ça a fait perdre la confiance des investisseurs."

Mercredi soir, une assemblée syndicale du personnel avait déjà été convoquée. Les employés ont dû s’exprimer sur la nouvelle proposition d’Herman Green concernant les pertes salariales (jusqu’à 9.000 euros brut par an pour certains travailleurs). L’offre a été refusée à 93,5 %.

Un conseil d’administration extraordinaire sera convoqué lundi. Selon le vote de ce vendredi, les actionnaires et la direction devront prendre une décision qui pourrait s’avérer fatale et définitive pour 140 travailleurs et 140 familles...

Herman Green campe sur ses positions

Les travailleurs de Durobor affirment que la renégociation des salaires ne faisait nullement partie de l’accord social signé le 27 juin 2017 et voté positivement à 76 % par les travailleurs représentés par leurs syndicats FGTB, SETCA, CSC et CNE.

Herman Green, lui, réfute. Le CEO de la gobeleterie soutient qu’il ne fait qu’appliquer l’accord salarial signé au moment de la reprise de la direction de l’usine. "Nous avons négocié ces primes en juin 2017", a répété le Néerlandais au micro de la RTBF. "Six mois après, tout le monde veut renégocier. C’est quelque chose qui ne se fait pas dans une entreprise professionnelle supportée par des investisseurs privés et publics."

"Nous pouvons comprendre le sentiment d’injustice ressenti par le personnel qui a fait face à de nombreux épisodes difficiles mais il a toujours été clair, dès les premières négociations de reprise, que nous devions faire fi des faveurs accordées autrefois par l’ancienne direction et nous inscrire tous ensemble dans une nouvelle organisation du travail", précise Herman Green.

Une nouvelle réunion avec les syndicats était organisée en urgence hier en début d’après-midi en prélude de l’ultime assemblée générale. Mais celle-ci s’est encore transformée en refus en bloc. "Nous avons essayé de débloquer la situation mais ça ne fonctionne pas, il reste sur sa première proposition", raconte Stefano Fragapane, permanent à la FGTB. La cause semble donc bel et bien perdue. Herman Green ne reviendra jamais sur ses pas pour répondre à la demande du personnel.