Entreprise

Parmi les missions de l'enseignement supérieur, l'enseignement, la recherche et le service à la société, cette dernière est certainement la plus difficile à définir et la plus susceptible de connaître des spécificités liées à l'institution et à son environnement.

L'enseignement supérieur occupe une place privilégiée dans la société, disposant d'une liberté de parole, d'une crédibilité et d'un pouvoir d'influence sans commune mesure avec ce dont disposent les acteurs privés de la société. Pourtant, ce privilège ne peut être maintenu qu'au prix d'un énorme travail d'implication sociétale, permettant à la formation et à la recherche d'être au bénéfice de tous et à l'ensemble de la collectivité de participer aux défis relevés par l'enseignement supérieur.

Toutes les facultés et écoles - de même que les instituts de recherche - sont concernées par cette implication de leur activité dans la société. Les écoles de gestion - et leurs programmes de formation et de recherche - n'échappent bien évidemment pas à cette dimension, au contraire, elles sont en première ligne !

Quand on songe à la responsabilité qu'une école de gestion a de former et d'offrir à la société ses futurs dirigeants, il ne s'agit pas seulement d'avoir des programmes de formation bien construits ni des programmes de recherche bien pensés, mais il s'agit d'assurer le meilleur service à la société par l'intermédiaire de la qualité des jeunes gestionnaires diplômés.

Ces dernières années, le nombre d'étudiants enregistre une croissance constante, sans doute liée à la préoccupation majeure des jeunes d'aujourd'hui d'être des "gestionnaires" de leur projet de vie et de leur rôle de citoyen du monde. Cette tendance ne pourra, dans nos pays, que se confirmer avec l'ouverture du marché induite par l'harmonisation européenne de l'enseignement.

Symétriquement, l'on observe que le nombre d'écoles de gestion reste constant. Il est donc évident que celles-ci ont entamé, en conséquence, des stratégies de croissance reposant sur une différenciation accrue et la recherche d'une attractivité internationale.

Des stratégies de croissance interne sont développées telles que la différenciation de leurs programmes et l'élargissement de prestations de troisième cycle (MBA, modules de formation pointus). Parallèlement, toujours dans cette recherche de visibilité, nous assistons également à des stratégies de croissance externes en termes de rapprochements, alliances et fusions.

De plus en plus nombreuses sont les écoles de gestion qui se battent, aujourd'hui, pour des "rankings" et de toujours nouvelles procédures d'accréditation. Dans ce contexte, la politique de marque devient fondamentale : celle-ci doit évidemment être synonyme de très haute qualité - certains n'hésitant pas à s'apparenter au mot "d'excellence".

Il appartient donc aux écoles de gestion de ne pas se lancer aveuglément dans cette course à la rentabilité et à la croissance, mais, au contraire, à réfléchir au sens réel et aux valeurs qu'elles veulent donner à l'exercice de leur métier et aux valeurs de leur marque. Or, une "école de management" a, par son positionnement plus proche des entreprises - que ne peuvent l'avoir des universités ayant des contraintes académiques plus lourdes - et sa recherche de proximité à l'égard des étudiants, des atouts majeurs pour répondre à cet enjeu de responsabilité sociétale... C'est donc le modèle de l'école de gestion auquel l'Ichec a décidé de souscrire.