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Le "memorandum" de politique économique - convenu entre Athènes et ses créanciers publics UE-FMI et adopté dimanche soir par le Parlement grec - prévoit une dérégulation du marché du travail pour abaisser le coût salarial et de nouvelles économies budgétaires à réaliser avant le versement de la première tranche du nouveau prêt européen. Il comporte un nouveau calendrier de privatisations et des réformes structurelles en matière, notamment, d’impôts et justice. Il fixe le cap d’un déficit budgétaire primaire inférieur à 2,06 milliards d’euros en 2012, avant d’arriver, en 2013, à un excédent primaire d’au moins 3,6 milliards, qui devra être porté à 9,5 milliards en 2014.

Les mesures d’économies budgétaires suivantes sont prévues en 2012 :

- réduction des frais de dépense de médicaments d’au moins 1,076 milliard d’euros en 2012, et des heures supplémentaires pour les médecins hospitaliers d’au moins 50 millions d’euros;

- coupe dans les dépenses militaires de 300 millions d’euros;

- suppression de quelque 500 postes de maires, adjoints et personnels de collectivités locales (économie de 30 millions d’euros), réduction des dépenses du gouvernement central liées aux élections d’au moins 270 millions d’euros;

- baisse du budget d’investissement public de 400 millions d’euros;

- réduction sur les retraites ou retraites complémentaires les plus élevées permettant d’économiser 300 millions d’euros de subventions aux caisses;

- une économie supplémentaire de 325 millions d’euros doit être identifiée et mise en œuvre en consultation avec la Commission européenne, la Banque centrale européenne et le Fonds monétaire international;

- les salaires des régimes spéciaux de la fonction publique (magistrats, police...), soustraits à la nouvelle grille salariale, vont être abaissés de 10 % en moyenne à partir du 1er septembre.

Volet privatisations : vente prévue au premier semestre des parts publiques dans les compagnies gazière, des eaux, pétrolière, et des jeux. L’objectif est d’encaisser 4,5 milliards entre juin 2011 et fin 2012, et 15 milliards d’ici fin 2015.

Concernant le marché du travail, plusieurs mesures de réductions de dépenses sont prévues :

- le salaire minimum établi par la convention collective sera réduit de 22% par rapport à son niveau de janvier 2012;

- pour les jeunes de moins de 25 ans, la baisse est de 32%;

- suppression des hausses automatiques de salaires, y compris celles basées sur l’ancienneté;

- limitation à trois ans des accords collectifs concernant les salaires.

La loi fiscale sera également modifiée :

- adoption d’une réforme-cadre d’ici juin 2012, augmentation des contrôles fiscaux, embauche de contrôleurs, fermeture des bureaux d’impôts inefficaces, mise en réseau informatique des perceptions, préparation d’un plan anticorruption pour septembre 2012.

Plusieurs changements affecteront la fonction publique :

- avant fin 2012, 15 000 salariés de la fonction publique seront placés dans une réserve de main-d’œuvre, payés à 60 % de leur salaire de base avant d’être licenciés au bout d’un an ou deux pour les gens proches de la retraite.

La santé n’échappera pas, de son côté, à la réforme :

- poursuite de la réforme du système de santé publique commencée en 2010 (développement des médicaments génériques, des e-prescriptions, centralisation des achats de médicaments).

Denier chapitre, la recapitalisation des banques :

- les banques se verront chacune donner une date limite par la Banque centrale pour procéder à leur recapitalisation sur le marché, la date limite finale étant septembre 2012;

- elles pourront aussi avoir accès au Fonds grec de stabilité financière. Le gouvernement fera en sorte que les banques gardent leur autonomie de jure et de facto;

- les droits de vote des actions ordinaires que le fonds détiendra seront limités aux décisions stratégiques. (AFP)