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La crise peut-elle avoir un impact sur les produits de lessives et les détergents ? Etonnamment, la réponse est oui. Du moins si on regarde les chiffres de la société belge Ecover (Malle, province d’Anvers) qui, depuis 29 ans déjà, fabrique et distribue en Belgique et à l’étranger de tels produits mais écologiques. En 2008, son chiffre d’affaires n’a augmenté que de 4% (à près de 69 millions d’euros) contre de 21 à 26% les quatre années précédentes (pour un doublement depuis 2004). "Il y a deux raisons à cela, indique Rudy De Vis, responsable des ventes et du marketing à l’international. La première est due à la crise, du fait que nos produits sont un peu plus chers que les produits conventionnels. D’autant que ceux-ci ont eu une forte activité promotionnelle renforçant la spirale négative des prix. Mais l’impact est surtout dû à des taux de change défavorables, avec une chute considérable de la livre sterling - or, le Royaume-Uni est le premier marché d’Ecover, tout aussi historique que la Belgique mais trois fois plus important - et du dollar - nous sommes assez bien implantés aux Etats-Unis. Convertie à des taux de change corrigés, la croissance consolidée par rapport à 2007 s’élève à 12%."

Hormis au Royaume-Uni où l’évolution du chiffre d’affaires est négative, partout ailleurs elle caracole : Etats-Unis +17%, France +22%, Belgique +28%, Allemagne +37%, Japon +38% et même +115 et 118% en Finlande et au Danemark, des pays qui n’ont toutefois été abordés que très récemment. "L’évolution peut paraître plus flatteuse car les chiffres initiaux sont plus faibles, mais elle englobe quand même l’ouverture de pas mal de points de vente."

Ce qui se vérifie aussi au niveau de l’emploi qui est passé de 123 fin 2007 à 143 fin 2008 et à 152 aujourd’hui. Dont 102 en Belgique, 22 en France et 8 au Royaume-Uni. Ce qui peut paraître peu au regard de la production mais s’explique par le fait qu’une partie est sous-traitée à des tiers.

Il n’empêche, à 12 ou à 4%, cette augmentation permet à Ecover de garder sa position de leader du marché européen et de poursuivre sa croissance. Son programme d’investissements pour 2009 s’élève à près de 2 millions d’euros, dans une série de projets menés dans les usines de Malle et de Boulogne-sur-Mer (France), et dans l’amélioration de l’efficacité des produits et du contrôle de qualité.

Il faut dire que l’heure, aujourd’hui, est moins aux innovations - même si la Recherche&Développement est continue - qu’à leur promotion. 2008 a vu le lancement de quatre nouveaux produits cosmétiques munis d’un label Ecocert(1) et d’un système de re-remplissage destiné à la fois aux commerces alimentaires et aux consommateurs particuliers. 2009, elle, sera placée sous le signe du lancement de la ligne Eco-Surfactant, une gamme de nettoyage super-puissante pour les surfaces dures, composée d’un nettoyant pour vitres, d’un Power Cleaner (à vaporiser et à laisser agir), d’un spray nettoyant universel et d’un nettoyant universel. "Ils émanent d’une innovation unique basée sur les tensio-actifs, explique Rudy De Vis. Ils sont totalement biodégradables, le procédé étant d’origine végétale - par fermentation -, mais surtout très performants, aussi performants que les produits conventionnels." Le défi sans doute majeur de ce type de produits.

A noter, dans la foulée, que l’agence Design is Dead (Emakina) a récemment remporté quatre récompenses internationales pour le site "The Healthy Home" qu’elle a signé pour... Ecover.

(1) Ecover fabrique des lessives et des détergents écologiques mais intervient également dans le domaine du nettoyage professionnel et répond, avec ses produits cosmétiques naturels Wellments, aux besoins d’hygiène personnelle et corporelle des consommateurs.