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La ministre de l'Énergie Marie Christine Marghem a écrit à Synatom, filiale d'Electrabel, pour lui enjoindre de l'"assurer sous huitaine" que cette dernière offre les garanties suffisantes pour faire face à ses obligations, a-t-elle indiqué jeudi à la Chambre, sur fond de craintes d'insolvabilité rendant impossible la responsabilité de l'électricien dans la gestion des coûts du démantèlement des centrales et de la gestion des déchets nucléaire. 

La ministre a ajouté qu'elle soumettra au parlement un projet dans le but de renforcer les moyens à disposition de la Commission des provisions nucléaires (CPN), qui assure le contrôle prudentiel sur la société de provisionnement et ses pouvoirs.

Mme Marghem a rappelé que depuis son entrée en fonction en 2014, le montant des provisions avait augmenté de plus de trois milliards d'euros, en passant de 7,6 milliards à plus de 11 milliards à la fin de cette année.

"J'espère que la prochaine réévaluation des provisions nucléaires conduira à nouveau à une augmentation substantielle à la suite des évaluations de l'ONDRAF (le gestionnaire des déchets radioactifs, NDLR) relativement aux estimations des coûts des projets de stockage géologique", a-t-elle ajouté.

Selon elle, le montant de 1,641 milliard d'euros de dividendes versés par Electrabel à sa maison-mère Engie "ne devra dès lors pas empêcher Electrabel de faire face à ses obligations futures et de verser plusieurs milliards nécessaires à Synatom."

Réitérant sa crainte qu'Engie organise l'insolvabilité d'Electrabel à un moment clé, le député Jean-Marc Nollet (Ecolo) a jugé cette réponse "positive".

Engie a démenti jeudi organiser l'insolvabilité d'Electrabel. Une assemblée générale d'Engie a lieu ce vendredi à Paris.