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Le secrétaire d’Etat à l’Energie, Melchior Wathelet (CDH) vient de prendre une décision qui concerne de près un grand nombre de sociétés belges et aussi des élus y compris peut-être certains ministres. Il a fait son choix pour les sociétés qui obtiendront les deux dernières concessions disponibles (sur un total de sept) en vue d’ériger des éoliennes dans les eaux territoriales belges. Les deux consortiums choisis sont Seastar et Mermaid.

Derrière le projet Mermaid (jusqu’à 73 éoliennes pour une capacité de 482MW), il y a Electrabel (pour 35 %) et un consortium appelé Otary (pour 65 %) dont Johan Vande Lanotte fut administrateur et qui suit encore de près tout ce qui s’y passe.

Otary a parmi ses actionnaires des sociétés privées comme la société de génie civil Deme (groupe Ackermans&van Haaren) ainsi que des sociétés d’investissement publiques wallonnes (Socofe ou SRIW).

Derrière Seastar, on trouve de nouveau Socofe ainsi qu’Aspiravi qui regroupe notamment des communes flamandes.

L’investissement prévu pour réaliser les deux concessions avoisine les 3 milliards d’euros. Selon les promoteurs, les deux projets devraient être finalisés à l’horizon 2018. Avec un bénéfice confortable ?

Dans une étude datant d’octobre 2011, la Creg, le régulateur du marché belge de l’énergie, avait calculé que le rendement sur fonds propres pour les deux premières concessions déjà mises en œuvre affiche un rendement sur fonds propres de 12 %. Un niveau pour le moins élevé qui s’appuie notamment sur un prix d’achat moyen (largement subsidié) pour l’énergie éolienne offshore, de 102,11 euros/MWh.

Toutefois, Melchior Wathelet a prévu une réforme du système de soutien comme il était clairement stipulé dans la déclaration gouvernementale. Les quatre dernières concessions sont visées par la réforme, précise-t-on au cabinet Wathelet. Vers quoi va-t-on ? Les premières hypothèses doivent être soumises au gouvernement en juillet alors que la mise en œuvre du nouveau système est prévue pour le 1er janvier 2013. Les investisseurs dans les nouvelles concessions devraient néanmoins pouvoir bénéficier d’une meilleure technologie pour les turbines et d’un raccordement plus efficace entre les différents parcs offshore.

Dernière question : comment va réagir l’autre candidat à la 7e concession, à savoir Northwest derrière lequel on trouve CNP (groupe d’Albert Frère). Selon "Le Soir", des négociations seraient en cours entre les actionnaires des deux consortiums en vue de développer le projet conjointement. Une manière de diminuer le risque financier mais aussi le risque de recours en justice contre la décision de Melchior Wathelet.