Entreprise

Informer, sensibiliser et faciliter la transmission d’entreprises entre cédants et repreneurs. Et ce, avec l’unique ambition d’assurer la pérennité et le développement du tissu économique wallon. Cela fait aujourd’hui onze ans que la Sowaccess, l’une des filiales de la Sowalfin (Société wallonne de financement et de garantie des PME), œuvre à éviter que plusieurs dizaines de petites et moyennes entreprises soient liquidées chaque année, en Wallonie, faute de repreneurs. Ce qui entraîne inévitablement une destruction d’activité et d’emplois.

En onze années d’existence, la Sowaccess a fait la démonstration qu’en organisant la transmission d’entreprises, il était tout à fait possible d’éviter ce gâchis économique et social. Alors que s’ouvre, ce lundi, la deuxième édition de la "Semaine de la transmission d’entreprises en Wallonie", "La Libre" a pu prendre connaissance du dernier bilan d’activité de la Sowaccess.

Un rôle de "facilitateur" qui a fait ses preuves

Ainsi, en 2016, ce sont 251 transactions qui ont été déclarées auprès de l’organe public par ses 130 partenaires agréés (avocats, comptables, experts-comptables, cabinets de cession et d’acquisition, réviseurs, etc.). Ces 251 "deals" ont représenté un chiffre d’affaires cumulé de 764 millions d’euros, une valeur cumulée des transactions de près de 660 millions, un montant moyen de la transaction de 2,785 millions et la sauvegarde de près de 3 660 emplois. "Cette statistique, nous précisent Jean-Pierre Di Bartolomeo, président de la Sowaccess, et Nicolas Pirotte, manager, est sous-estimée dans la mesure où certains partenaires n’ont pas transmis l’information pour des raisons de confidentialité."

Sur ce total de 251 cessions de PME wallonnes (qui, le plus souvent, se font lorsque les pistes intrafamiliales et internes sont écartées), la Sowaccess a joué directement un rôle de "facilitateur" dans 69 transactions de cession/reprise (soit dans près de 30 % des dossiers). Elles ont représenté un chiffre d’affaires total de 107 millions d’euros, une valeur cumulée de 78 millions et un nombre d’emplois préservés supérieur à 660. Ce sont des chiffres en ligne avec ceux qui avaient été enregistrés en 2015 (67 "deals" facilités et plus de 700 emplois maintenus). Les principaux secteurs concernés par les transmissions accompagnées par la Sowaccess et ses partenaires sont les services, le commerce de détail et la construction.

Jetant un regard rétrospectif sur onze années d’activités, Jean-Pierre Di Bartolomeo et Nicolas Pirotte expliquent que la Sowaccess a facilité "directement et indirectement" de l’ordre de 600 opérations de vente et d’achat d’entreprise, ce qui a permis de maintenir plus de 5 500 emplois en Wallonie.

Au-delà de ce bilan chiffré, MM.Di Bartolomeo et Pirotte rappellent combien il est essentiel, pour qu’une transmission se passe bien, que le cédant s’y prenne à temps (5 ans est l’idéal) et qu’il se fasse accompagner par des professionnels. Ce rappel de bien anticiper une transmission est d’autant plus important que 30 % des entreprises wallonnes ont des dirigeants ayant plus de 55 ans.

Un taux de faillite sensiblement réduit

Du côté des repreneurs, le message est aussi à l’anticipation et à la préparation, étape par étape, d’un processus qui peut comporter certains pièges. "C’est pour cette raison que nous avons lancé des Clubs Repreneurs pour les préparer à un projet de reprise. Deux fois par an, dans trois villes différentes (Liège, Wavre et Charleroi), les candidats-repreneurs ont la possibilité de participer à huit soirées de 4 heures, en présence d’experts et de personnes ayant déjà procédé à une reprise."

Un dernier message, de nature plus stratégique, est donné par MM.Di Bartolomeo et Pirotte. Alors qu’on assiste à un regain de l’entrepreneuriat et à la création de start-up, les deux responsables de la Sowaccess tiennent à rappeler une évidence parfois oubliée : le taux de faillite des sociétés reprises est sensiblement inférieur à celui des sociétés qui se créent. "Avec une reprise, vous prenez un train en marche (avec un produit, du personnel, des clients, des fournisseurs,…). Vous ne devez pas vous confronter à l’inertie d’une locomotive qu’il faut mettre en marche."