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Réunis mardi à Bruxelles, les "grands argentiers" de l’Union européenne (UE) ont demandé à la Grèce, comme l’avaient d’ailleurs fait la veille ceux de la seule zone euro (LLB, 16/2), d’annoncer des "mesures supplémentaires" d’économies "d’ici au 16 mars" si elles devaient s’avérer nécessaires pour atteindre son objectif d’une réduction du déficit de 4 % du Produit intérieur brut (PIB) en 2010. La Grèce devra présenter pour cette date un premier rapport sur la mise en place du plan d’économies destiné à réduire ses énormes déficits, qui s’élevaient en 2009 à 12,7 % du PIB, selon les dernières estimations disponibles.

Les nouvelles mesures d’économies pourraient inclure des baisses de dépenses et des augmentations de recettes, comme une hausse de la TVA et des taxes supplémentaires sur les produits de luxe, avait détaillé lundi le chef de file des ministres des Finances de la zone euro, le Luxembourgeois Jean-Claude Juncker. Le gouvernement grec a déjà annoncé toute une série de mesures d’austérité dans son "programme de stabilité", lequel détaille comment il entend réduire son déficit sur la période 2010-2013. Ce plan avait été accepté par la Commission européenne début février.

Les ministres des Finances de l’UE l’ont entériné à leur tour mardi. Ils ont demandé à la Grèce de corriger son déficit public d’ici 2012, c’est-à-dire de le ramener d’ici là sous 3 % du PIB, comme le gouvernement grec s’y est engagé. Pour cela, les économies réalisées par la Grèce seront étroitement contrôlées par la Commission européenne, en liaison avec la Banque centrale européenne (BCE) et en s’appuyant sur l’expertise technique du Fonds monétaire international (FMI). "La Commission sera à Athènes dans les prochains jours, cette semaine ou la semaine prochaine, avec des experts de la BCE et des délégués du FMI pour vérifier la mise en place" du plan, a souligné le commissaire européen aux Affaires économiques Olli Rehn. "Nous pouvons aider la Grèce à faire face à cette période difficile, à condition que la Grèce veuille s’aider elle-même par des actions déterminées", a-t-il ajouté.

Les ministres des Finances de l’UE ont par ailleurs réaffirmé le soutien politique à la Grèce manifesté la semaine dernière par les dirigeants européens. Mais ils n’ont pas donné de détails sur un éventuel plan d’aide financière des pays européens à la Grèce, en dépit des attentes des marchés financiers, qui espéraient toujours mardi plus de précisions et de commentaires. Au cas où la Grèce aurait besoin d’une aide financière, la Commission européenne est "prête" à "mettre en place un cadre pour coordonner ces actions", s’est contenté de dire M. Rehn. "Si une telle situation se présente, nous avons les moyens financiers de sauvegarder la stabilité dans la zone euro", a-t-il ajouté. Les ministres des Finances de la zone euro s’étaient déjà refusé lundi à détailler d’éventuelles mesures d’aide, M. Juncker jugeant peu "sage" de "discuter publiquement des instruments" qui seraient utilisés si besoin. (D’après AFP)