Entreprise

C’est une profession qui reste, pour beaucoup, entourée de mystère. Les contrôleurs aériens ont, chaque jour, entre leurs mains la vie de milliers de personnes. Une lourde tâche qui requiert certaines qualités très spécifiques. Bien qu’exigeante et demandant une disponibilité absolue (on n’échappe pas aux horaires de nuit,…) la profession attire.

Un métier recherché

Chaque année, Belgocontrol, l’organisme chargé de la sécurité aérienne en Belgique, reçoit plusieurs centaines de candidatures spontanées. Mais les places sont chères. Fait assez rare, Belgocontrol a décidé de lancer une vaste campagne de recrutement ce lundi. L’organisme est à la recherche d’une petite trentaine d’aiguilleurs du ciel pour sa réserve de recrutement. "Nous nous attendons à recevoir plus de 1 000 candidatures", explique Kristin Libotton responsable des formations chez Belgocontrol. La sélection, qui se déroule sur plusieurs mois, sera ardue. Mais chacun, ou presque, a sa chance, d’après Kristin Libotton. "Les seules exigences sont celles d’avoir un diplôme de l’enseignement secondaire et une bonne connaissance de l’anglais, la langue utilisée dans le milieu", explique la responsable. Pas besoin d’être bilingue donc : les contrôleurs aériens francophones sont, en général, envoyés vers les deux aéroports régionaux de Wallonie, à savoir Liège et Charleroi.

Pas trop de diplômes !

Quant aux études supérieures, elles seraient même parfois un… handicap à la profession. "Chez Eurocontrol (NdlR : le gestionnaire du ciel européen), ils n’engagent plus d’ingénieurs dans les tours", poursuit Kristin Libotton. Ces derniers ont tendance à trop analyser des situations auxquelles il faut, au contraire, réagir très rapidement et presque mécaniquement. Des études ont montré qu’on retrouvait les meilleures aptitudes pour être aiguilleur du ciel entre 18 et 21 ans. Bien que certains contrôleurs le soient devenus après un revirement complet de leur carrière, les sélectionnés restent jeunes. Lors du dernier concours de recrutement en 2010, la moyenne d’âge des engagés était de 26 ans. Davantage qu’un étudiant bardé de diplômes, Belgocontrol recherche avant tout des personnes ayant une excellente vision spatiale, capables d’exécuter plusieurs tâches à la fois et, surtout, résistantes au stress.

"L’aspect psychologique prend de plus en plus d’importance dans notre sélection", poursuit-on chez Belgocontrol. Depuis des récentes menaces terroristes pesant sur la Belgique, le profil des candidats est aussi davantage examiné à la loupe : on ne laisse pas n’importe qui entrer dans une tour de contrôle, avec une telle responsabilité.

Des salaires attractifs

Enfin, un test médical (vue, ouïe,…) élimine certains candidats. A noter que sur les 470 contrôleurs aériens de notre pays, 30 % sont des femmes. Si les horaires sont exigeants, la profession est bien rémunérée. Un contrôleur aérien commence ainsi sa carrière avec un salaire minimum de 6 200 euros bruts par mois. La formation, de deux ans, est également payée. Et contrairement à ce qui passe notamment pour les pilotes d’avion, cette formation, de près de 50 000 euros par personne, est entièrement prise en charge par Belgocontrol.

Simulations et pièges

Nous avons pu avoir un avant-goût de ce qui attend les candidats dans le très moderne centre de formation de l’organisme à Steenokkerzeel, soit à deux pas de l’aéroport de Bruxelles-National. Grâce à un simulateur doté d’un écran sphérique à 360 degrés représentant l’aéroport d’Anvers, le formateur nous piège en mettant subitement le feu (virtuel) à un avion, ou en lançant une tempête de neige. L’œil doit rester en permanence attentif, la réaction doit être immédiate, la décision juste. "En général, les gens qui viennent travailler chez nous sont aussi de véritables passionnés de l’aviation", conclut Kristin Libotton. Alors, tenté ?