Entreprise Les patrons du groupe Mestdagh se sont choisi un nouveau directeur général à partir de la mi-2018. Sans intention de quitter l’entreprise qui restera familiale.

Eric et John Mestdagh, les patrons du groupe de distribution homonyme comptant 83 supermarchés "Carrefour Market - Groupe Mestdagh" en Wallonie et à Bruxelles, ont décidé d’abandonner la gestion opérationnelle du groupe. Ou, plus précisément, d’en confier les rênes au Français Guillaume Beuscart, qui est actuellement CEO Benelux de Lagardère Travel Retail.

Ils en ont informé leur personnel le 1er décembre. Mais l’annonce a suscité émotion et questions. D’autant que ce n’est pas seulement Eric Mestdagh qui passe la main - à savoir son poste et son titre de directeur général -, comme il l’avait déjà fait entre janvier 2012 et septembre 2015, avec Eric Deprins, mais aussi son frère John, directeur des achats, du marketing, de la gestion des infrastructures. Dont le successeur n’a pas encore été désigné.

Ce qui pose également question, pour certains, c’est que Guillaume Beuscart est Français. Or, le groupe Mestdagh appartient depuis 1994, à concurrence de 25 %, au géant hexagonal et mondial de la distribution Carrefour. Des liens qui se sont renforcés lors de la restructuration de Carrefour en Belgique en 2010, quand le groupe Mestdagh, au titre de master franchisé, a repris 16 magasins menacés de fermeture. Serait-ce à dire que la belgitude du groupe carolorégien s’atténuerait, au risque, peut-être un jour, de disparaître ?

"Un regard neuf" dans un "esprit de dialogue"

Et tout à coup, c’est une autre vision des choses qui a surgi. Dans les médias, assurément, avec des titres comme "Les frères Mestdagh s’en vont" ou "Les frères Mestdagh quittent la direction du groupe familial". Au point d’obliger les principaux intéressés à sortir un communiqué de presse. Mais davantage à l’intention de leur personnel que des médias. Il est en effet sobrement signé Eric et John Mestdagh. Et à aucun moment, il n’y est question des titres que les uns et les autres auront, même pas celui de Guillaume Beuscart.

"Le Groupe Mestdagh existe depuis 1900 et restera une entreprise familiale, y lit-on. Nous continuerons d’être présents au sein de l’entreprise, dans les magasins, les entrepôts et la Centrale, comme nous l’avons toujours été. Grâce à l’arrivée de Guillaume Beuscart, qui prendra progressivement en charge dans les prochains mois la gestion opérationnelle de manière journalière, nous renforçons notre équipe de direction pour mener à bien l’ensemble de nos défis afin d’assurer la pérennité de notre entreprise."

Cette décision, les deux frères l’expliquent en regard de trois défis à relever. Sur le front de la consommation qui change; sur le besoin d’améliorer leur rigueur opérationnelle et, du même coup leurs résultats durablement; mais aussi sur le renouvellement de leur collaboration avec Carrefour qui vient à échéance en 2020, "afin de garantir au Groupe un partenariat fort et ‘gagnant-gagnant’". "C’est donc bien en équipe que nous allons piloter l’entreprise : Guillaume (Beuscart) nous apportera son expérience là où nous serons les garants de l’histoire de Mestdagh en nous concentrant sur ses enjeux stratégiques." Tout au plus peut-on penser qu’Eric et John Mestdagh, tout comme leur cousin Carl Mestdagh, resteront actionnaires et siégeront au conseil d’administration de l’entreprise.

"Une tempête dans un verre d’eau, commente une collaboratrice. Il n’y a pas eu tout ce foin quand, en 2012, Eric Mestdagh a engagé Eric Deprins." Ni quand ce dernier a quitté l’entreprise, le même Eric Mestdagh reprenant alors, à titre provisoire, son titre de directeur général du groupe Mestdagh.