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Député PS

Le gouvernement et les partenaires sociaux ont déjà pris des initiatives.

Les indices de compétitivité et le classement selon ces indices publiés par des organismes reconnus semblent trouver un certain écho médiatique. Plusieurs organismes publient régulièrement des classements selon une échelle de compétitivité. Les plus connus sont le «World Economic Forum» et «The Institute for Management development» (World Competitiveness Yearbook).

La presse a récemment publié le classement de l'Institut for Management Development qui place la Belgique en 26 éme position en 2006, soit en recul par rapport au 23e rang qu'elle occupait l'an dernier. L'indice est calculé sur la base de 314 critères répartis en 4 grands domaines: performance économique, efficacité publique, efficacité privée et infrastructures.

Selon le dernier classement du Forum économique mondial, la Belgique est passée en 31e position en 2005, en recul par rapport au 25e rang qu'elle occupait en 2004. Ce classement repose sur l'analyse détaillée de trois piliers essentiels de la croissance et de la compétitivité mondiale: la qualité de l'environnement macroéconomique; l'état des institutions publiques; le niveau de développement technologique. La construction des indices se fait sur un ensemble d'indicateurs quantitatifs (variables macroéconomiques) et sur des indicateurs originaux issus d'enquêtes qualitatives réalisées auprès de chefs d'entreprise dans les 75 pays analysés (4 700 entreprises publiques et privées).

Que classent réellement ces indices, quelles sont les logiques économiques qui les sous-tendent et quel est leur degré de fiabilité?

Il est difficile de répondre précisément à ces questions. Selon Stéphane Gregoir et François Moreel du Département des Etudes économiques de l'INSEE, dans une étude consacrée aux indices de compétitivité des pays (interprétation et limites), «malgré une rhétorique élégante et une caution scientifique apportée par d'éminents spécialistes en économie ou en stratégie d'entreprise, ces indices souffrent de plusieurs défauts. En premier lieu, leur base théorique est au mieux approximative. Ils reposent ensuite sur de nombreux a priori quant aux déterminants de la croissance et de la compétitivité qui peuvent se révéler erronés. Enfin, ces déterminants sont mesurés quantitativement par des indicateurs très contestables. Ces faiblesses conduisent à des mesures et à des classements relativement peu robustes, a priori, dont l'utilisation devrait être plus que prudente.» Ce qui semble confirmé par les remarques de la FEB sur la fiscalité.

Ces indicateurs font partie d'un ensemble de données macroéconomiques qui, s'ils ne sont effectivement pas scientifiquement absolus, peuvent constituer un élément d'information parmi d'autres sur l'évolution de notre économie sur un moyen et long terme. Il ne faut dès lors pas les marginaliser, quel que soit d'ailleurs leur sens positif ou négatif, mais les utiliser en connaissant leurs limites méthodologiques.

Il faut d'ailleurs regarder la situation avec objectivité: le PIB belge dépasse la moyenne de la zone euro. La Belgique a compensé ses coûts salariaux relativement élevés par un niveau de productivité important.

Sans attendre ces classements internationaux, le gouvernement fédéral a annoncé dès le mois de janvier la réalisation de grands chantiers avant l'été. L'un de ceux-ci sera consacré à la compétitivité en Belgique. Quant aux partenaires sociaux, ils ont signé en mars une déclaration commune dans laquelle ils s'engagent à participer à un processus pour une économie plus compétitive et génératrice d'emplois. Ils mettent en évidence que l'investissement dans la formation, la recherche et l'innovation revêt une importance au moins égale à celle d'une maîtrise des coûts salariaux et une diminution des cotisations sociales. Entre eux, le rendez-vous est pris à l'automne pour des discussions en ce sens sur un nouvel accord professionnel.

Par ailleurs, les facteurs de localisation des entreprises sont multiples. Il est dès lors essentiel d'informer davantage les grands groupes industriels mondiaux mais aussi les plus petites entreprises des nombreux facteurs d'attractivité dont dispose la Belgique (enseignement, santé, infrastructure, recherche, etc.).

Quoi qu'il en soit, et dans le cadre des initiatives tant du gouvernement que des partenaires sociaux, le PS sera, lui, attentif à améliorer le pouvoir d'achat des gens. Facteur essentiel au soutien de la demande intérieure et à l'amélioration du bien-être de la population.

© La Libre Belgique 2006