Entreprise

S’il vous plaît, continuez à gérer ce pays, poursuivez les avancées en matière d’emploi, de fiscalité et de pension. Les effets de la crise économique n’ont pas tout à fait disparu. Ce qui compte pour l’entreprise, c’est la continuité et la stabilité", a lancé Wouter De Geest, président d’Essenscia et administrateur délégué de BASF Anvers, à l’adresse du monde politique en présentant les résultats du secteur qui en Belgique représente 800 entreprises chimiques, pharmaceutiques et biotechnologiques, et que la crise n’a pas épargné en 2009. Après dix années de croissance ininterrompue, le chiffre d’affaires a chuté de 17 % à 45,2 milliards d’euros. Exception : l’industrie pharmaceutique a enregistré une croissance de 23 %, en grande partie en raison de la production du vaccin contre la grippe AH1N1. L’emploi a diminué de 3 % à 91 500 emplois directs. Il s’agit d’un recul moins important que celui de 5 % enregistré dans le reste de l’industrie. Le secteur n’a pas connu de grandes restructurations. Les investissements sont retombés à 1,43 milliard (- 29 %). Malgré la crise, les dépenses en recherche et développement (R & D) se sont maintenues à des niveaux très élevés : 2,29 milliards d’euros. L’industrie chimique et des sciences de la vie reste ainsi de loin l’investisseur privé le plus important en matière d’innovation en Belgique. "La société a besoin de solutions innovantes pour faire face aux défis mondiaux que sont l’énergie, l’utilisation parcimonieuse des ressources naturelles, le changement climatique, l’eau potable, les soins de santé et une alimentation de qualité", dit Yves Verschueren, administrateur délégué d’Essenscia. La chimie et les sciences de la vie restent le premier secteur exportateur, avec une part de 35 % des exportations globales de biens en Belgique. En 1999, cette part s’élevait seulement à 23 %. La tendance à la croissance de la balance commerciale se maintient et le surplus commercial atteint presque le cap des 20 milliards d’euros. "Entre 80 et 85 % de ce que nous produisons part à l’exportation", souligne M. De Geest, qui y voit la preuve que "la Belgique ne produit pas que de la bière et du chocolat !". Conclusion : "Le secteur regarde l’année 2010 avec un optimisme prudent, les premiers signes de redémarrage économique devant encore se confirmer."