Entreprise C’est le rêve un peu fou d’un jeune ingénieur belge.

C’est une entreprise naissante, créée en France par un (ingénieux) ingénieur belge, Christophe Stevens qui rêve de stocker l’énergie électrique… dans la mer. Un illuminé? Pas sûr, même si, lorsqu’il parle de son projet, on lui oppose des objections plus ou moins… vagues. Pourtant, en dépit des écueils techniques, Ogres (Ocean Gravitational Energy Storage) ne manque pas de sens. Tout comme on le fait, par exemple, dans le complexe de pompage-turbinage de Coo en Belgique. Le principe ? Stocker en hauteur de l’eau par pompage en utilisant de l’électricité achetée à bas prix durant les creux de consommation, puis laisser descendre l’eau et "turbiner" pour produire de l’électricité au moment des pics de demande. Le défi étant d’arriver à disposer d’une capacité de stockage à la hauteur de la production d’électricité "verte", celle récoltée par les installations photovoltaïques ou éoliennes. Or, les systèmes de stockage, comme celle de Coo (qui va être étendue de manière significative par le groupe Engie), demandent des travaux d’infrastructure importants : la réalisation de bassins surélevés creusés dans des collines à proximité de cours d’eau. Ici, pourtant, c’est pareil, ou presque. Sink Float Solutions veut apporter une solution au problème d’intermittence de la production d’énergie renouvelable en développant une batterie formée de blocs de béton. Pratiquement, c’est un peu plus compliqué que cela puisque le système est basé, non pas sur le principe du pompage-turbinage mais sur celui du moteur-générateur.

Essayez d’imaginer une barge de belles dimensions dotée de treuils puissants et de câbles permettant de remonter des masses de béton immergées. Lorsque l’énergie est bon marché ou produite par les unités solaires et éoliennes, les treuils servent à remonter les masses de béton immergées en profondeur. En mode générateur, ces masses sont relâchées et filent vers le fond par la force de la pesanteur, actionnant alors les moteurs électriques qui deviennent des générateurs. L’avantage par rapport aux stations de pompage-turbinage comme celle de Coo, c’est l’importance du dénivelé. A côté de quelques centaines de mètres de dénivelé pour une station de pompage-turbinage, les fonds marins offrent la possibilité d’utiliser (dans l’autre sens) des milliers de mètres de dénivelé. D’après Christophe Stevens, l’énergie potentielle stockée dans un m3 de béton serait de 10kWh, pour un coût d’investissement de 25 à 80 €/kWh, selon les sites. Bien entendu, d’autres paramètres entrent en ligne de compte comme le coût d’acheminement de l’électricité vers et au départ de telles barges en mer. Evidemment, tout a été pris en compte par le jeune ingénieur, tempêtes, usure, coût des composants… Il cherche aujourd’hui un coup de pouce financier pour aller de l’avant… en profondeur !