Entreprise Discussions nourries sur la manière d’améliorer la solvabilité du groupe. La question de la gouvernance en suspens.

C’était hier l’épreuve du feu pour le management d’Ethias. Lors d’une réunion organisée à Bruxelles, il devait présenter à ses actionnaires ses propositions de plan de rétablissement financier. Plan à remettre à la Banque nationale pour le 15 février et qui fait l’objet d’âpres discussions. Essayons d’y voir clair.

1 - Quelle est la situation actuelle ?

Ce plan vise à apporter les garanties nécessaires à la solidité financière de l’assureur. Mise sous pression par la Banque nationale, Ethias a organisé, du 7 novembre au 9 décembre au 2016, une opération de rachat des comptes First (souscrits avant septembre 2003) avec une prime de sortie de 25 %. Et cela afin d’améliorer le ratio Solvency 2. Comme le soulignait le groupe, cette opération fut "un réel succès". Au 23 décembre, Ethias avait racheté pour 723 millions d’euros. Certains avaient déduit de l’éclaircie conjoncturelle, surtout du côté de la Région wallonne, qu’Ethias avait les moyens de son indépendance. D’autres se montrent plus prudents. "Ethias reste très vulnérable à l’évolution des taux", nous dit un proche du dossier.

2 - Quelles mesures prendre ?

Une des principales propositions du management pour renforcer la solvabilité de l’entreprise serait de rallonger la durée d’un emprunt de 278 millions souscrit à l’époque par les trois actionnaires publics de Vitrufin (Région wallonne, Région flamande, Etat fédéral) afin de racheter à Ethias les titres Dexia. Un rallongement de l’échéance de cette dette donnerait un (tout petit) peu d’oxygène à Vitrufin et par ricochet à son seul actif, à savoir Ethias. Un autre scénario envisagé (et sans doute privilégié par le régulateur) serait de convertir ces titres obligataires en capital.

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3 - Quid d’un stand alone ?

C’est la Région wallonne qui est la plus favorable au scénario du "stand alone", quitte à participer à une recapitalisation du groupe. La Région flamande, elle, semble s’interroger sur sa participation alors que l’Etat fédéral est partagé sur la voie à prendre. Quant au quatrième actionnaire qui représente les mutualistes, il dispose de 25 % -3 actions et n’est pas sur un pied d’égalité par rapport aux autres actionnaires. Bref, on est encore loin d’un éventuel adossement d’Ethias à un autre groupe financier. Le "stand alone" pourrait même tenir la corde.

Mais, ce qui est sûr, c’est que si Ethias est mise sur le marché, elle suscitera beaucoup de convoitises. Ageas, KBC et Belfius ont montré un intérêt. Ce qui prouve, nous dit-on, que le business model de cette société d’assurance orientée vers les collectivités, est rentable.

4 - Quelle gouvernance ?

Le problème de la gouvernance n’a toujours pas été réglé. L’ancien CEO est parti, mais le nouveau n’a pas encore été nommé.

Deux noms circulent avec insistance : Benoît Verwilghen qui fait déjà partie du comité de direction et Sonia Rottiers, qui a quitté sa fonction de directrice financière chez Axa en septembre dernier. Il nous revient que cette question ne devait pas être discutée lors de la réunion d’hier.Ariane van Caloen