Entreprise

Directeur général de Walibi de 1989 à 1996, responsable de la stratégie de Sodexho l’année suivante, administrateur délégué de la filiale belge de DB associates jusqu’en 2006, Guibert del Marmol, 45 ans, vit, en 1994, un burn out professionnel. Une tumeur crânienne, liée à une mauvaise gestion du stress, le tient à l’écart pendant des mois. Et alors que le traitement lui permet de remonter la pente, les médecins se disent réservés quant à son avenir

Loin de se laisser abattre, ce patron dynamique décide de suivre son intuition profonde, son "in telligence supérieure", pour reconstruire son existence via des "voies originales". Pendant les dix ans qui suivent son accroc de santé, Guibert del Marmol respecte une hygiène spécifique et développe des convictions qui lui permettront , dit-il , "de déjouer tous les pronostics de la science traditionnelle". Il s’en ouvre dans un livre intitulé "Tomber plus haut" (1).

"Comme la plupart de mes contemporains, je menais la compétition avec un ego très développé. Je vivais dans l’illusion", confesse ce manager qui a décidé de réagir. Recourant à des techniques alternatives orientales, il pratique désormais la méditation quarante minutes par jour. Il fait aussi beaucoup de sport. Bref, il se reconstruit physiquement, ce qui lui permet de reprendre une vie normale. "Je me suis interrogé sur le sens de l’existence, sur la place de l’homme dans la société. La notion de développement durable s’est aussi présentée à moi naturellement", dit-il.

C’est alors le déclic : "Je me suis dit que ma raison d’être en tant que patron était bien plus large que de faire du profit. L’objectif est de créer de la valeur ajoutée pour tous les intervenants, à commencer par le personnel. La valeur d’une société n’est jamais que la somme des talents qui la composent", dit-il.

Positif, libéré, Guibert del Marmol affirme que "nos repères ont complètement changé en quinze ans". "On observe une rupture de paradigme", souligne-t-il. Et de se dire préoccupé par la globalisation de l’économie, l’état de la planète et la surpopulation. "Mon souhait est de partager les clés qui m’ont permis de remonter des abysses vers la lumière et d’aider les gens à comprendre qu’ils peuvent la solution aux problèmes de notre monde", affirme cet ex-patron, décidément pas comme les autres. "Pour les Chinois, l’idéogramme qui figure la crise signifie aussi opportunité" , insiste-t-il. Une belle image.

Ed. Alphée, Paris 2009, 251 pp, 22 €.