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Dans une lettre commune, dont "La Libre" a pu prendre connaissance, les représentants des pilotes de plus de 40 bases européennes de Ryanair (sur 87), demandent à leur direction un changement radical de leurs conditions de travail. Celles d'Italie, Allemagne, Suède, Pays-Bas, Espagne et Belgique (Charleroi et Bruxelles) ont désormais signé cette lettre. Ce qui représente près de la moitié des 4000 pilotes de Ryanair. Les représentants des pilotes de la plus grande base de la compagnie irlandaise, Londres Stansted, vont signer dans les prochaines heures, selon nos informations.

Dans cette lettre, ils rejettent le bonus (de 6.000 à 12.000 euros) proposé par la direction afin qu'ils renoncent à dix jours de congé sur demande immédiate de Ryanair et restent encore au moins un an au sein de la compagnie.

Les pilotes exigent des contrats locaux, respectant les lois et les droits des pays où ils travaillent, et non plus irlandais. Ces contrats devront être prêts pour le 1er janvier 2018, avec une série de mesures améliorant les conditions de travail des pilotes. Le personnel de Ryanair se dit prêt à aider la compagnie à sortir de cette crise d'annulation de vols, si la direction accepte les conditions présentées.

Les pilotes, qui ne veulent pas être pris pour responsables des annulations de vols, lancent aussi un ultimatum à la direction de Ryanair : ils veulent une réponse favorable d'ici vendredi 22 septembre à 10h.

D'après nos informations, des actions pourraient être menées par les pilotes en cas de refus de Ryanair. Une des idées serait que les pilotes appliquent à la lettre les termes de leurs contrats (work to rule). Certaines tâches ne seraient ainsi plus exécutées, comme celles de travailler durant leurs jours de congé, d'arriver plus tôt que l'heure prévue par leur contrat, de devoir répondre au téléphone pour la compagnie en dehors de leurs heures de travail, de devoir réaliser des voyages pour Ryanair avec leurs propres moyens, etc.

Des actions qui provoqueraient inévitablement des perturbations de vols pour la compagnie. Mais on n'en est pas encore là et les pilotes espèrent trouver une issue favorable à la crise que connaît actuellement Ryanair.