Entreprise

"Nous vous écrivons dans une ultime tentative pour trouver une solution pacifique à l'actuel conflit social"... Plusieurs syndicats européens, parmi lesquels la CNE, ont adressé jeudi une missive aux actionnaires de Ryanair pour qu'ils fassent pression sur le management, alors qu'aucune solution n'a jusqu'ici été trouvée pour mettre fin au mécontentement du personnel de la compagnie aérienne à bas coûts. "Après des mois de discussions frustrantes, de rencontres infructueuses et mêmes des actions de grèves dans certains pays", ces syndicats européens constatent que Ryanair renâcle toujours à reconnaître pleinement les syndicats et à signer toute convention collective de travail.

Les représentants du personnel reprochent également à la direction de la compagnie aérienne de "continuer à utiliser l'intimidation comme outil de management", "de punir le personnel malade", "d'envoyer des lettres d'intimidation aux travailleurs qui ont fait usage de leur droit de grève", "de menacer de supprimer des emplois dans les pays touchés" (par le conflit social, NDLR) et "de persévérer avec un modèle d'affaires que tous considèrent comme obsolète". "En persistant avec ce genre d'attitude, le management de Ryanair démontre seulement qu'il n'a jamais été 'sincère' et n'a jamais vraiment eu l'intention de s'engager dans des négociations", insistent ces syndicats belges, portugais, espagnols et italiens.

Face à l'attitude de la direction et au manque de confiance entre les parties, les syndicats lancent un appel aux actionnaires de Ryanair pour que soient opérés "les changements nécessaires au business model". Et ceux-ci de souligner que d'autres compagnies low-cost en Europe ont une approche complètement différente, tout en restant rentables et en offrant un environnement de travail sain.

"Nous croyons fermement que Ryanair est capable d'adapter son modèle aux réalités commerciales et sociales de l'Europe d'aujourd'hui, fondées sur la dignité, la liberté, la démocratie, l'égalité et l'état de droit. Ce que nous ne croyons pas, c'est que le management actuel ait la confiance nécessaire des employés et les capacités de réaliser ces changements (...) La décision vous appartient", concluent les syndicats à l'adresse des actionnaires.

Ryanair est cotée à la Bourse de Dublin. Au 30 juin 2018, on retrouvait parmi les actionnaires de la compagnie irlandaise son emblématique CEO, Michael O'Leary (3,8%), Baillie Gifford (4,8%), HSBC Holdings (4,8%), le fonds d'investissement Fidelity (5,5%) ou encore la société de gestion Capital Research and Management (17%). Depuis son point le plus haut atteint mi-août 2017, l'action Ryanair a perdu près de 30% de sa valeur.

Les représentants des pilotes et des membres d'équipage de tous les pays où Ryanair dispose d'une base doivent se réunir en septembre à Rome. Ils formuleront un cahier de revendications qu'ils soumettront à la direction de la compagnie low-cost. Les syndicats ont prévenu qu'un nouveau refus de la direction d'accéder à leurs demandes pourrait déboucher sur la plus importante grève de l'histoire de la compagnie.

Ryanair a été touchée vendredi dernier par une grève des pilotes en Belgique, Suède, Irlande, Allemagne et aux Pays-Bas, qui avait affecté près de 55.000 passagers et ce, deux semaines après un arrêt de travail de deux jours du personnel de cabine en Belgique, en Italie, en Espagne et au Portugal.