Entreprise Cela fait huit ans que la coopérative laitière Faircoop a été créée en Belgique, par et pour des agriculteurs qui refusent de souscrire au modèle agro-industriel. Ils sont aujourd'hui au nombre de 500 coopérateurs, venus de toute la Belgique. Et depuis deux ans, Faircoop est ouverte aux consommateurs qui peuvent acheter un maximum de dix parts à 50 euros pièce et participer ainsi activement à la vie de la coopérative. Ils sont plus de 1000 à y avoir souscrit.

Ce modèle de coopérative est tout à fait unique en Belgique et il s'inscrit dans un réseau européen de lait équitable qui comprend sept pays. Il semble inspirer d'autres types de producteurs belges, de viande et de sucre, qui ont contacté Faircoop car ils souhaitent s'inspirer de ses pratiques.

Crainte d'une année 2018 catastrophique pour le secteur du lait
 
"L'idée de Faircoop, c'est de garantir aux producteurs laitiers un prix qui couvre les coûts de production mais aussi un salaire. Le prix d'achat du lait aux agriculteurs est actuellement de 35 centimes le litre, alors qu'il en faut 45 pour vivre décemment. Sur chaque litre de lait, 10 centimes sont donc rétribués aux membres de la coopérative pour atteindre les 45 centimes", rappelle Erwin Schöpges, le président de Faircoop. Un modèle plus que jamais essentiel, dans un secteur agricole traversé par de considérables chutes des prix. "Les prévisions de marchés font état d'un litre de lait à 29 centimes en janvier 2018, sans compter qu'il n'y a plus de limitation de la production. Nous pourrions donc connaître une année très difficile et une crise très grave", annonce Erwin Schöpges.

Faircoop commercialise plusieurs produits équitables sous la marque Fairebel : lait nature et chocolaté, crème glace, fromages et le petit dernier, des capsules de lait pour le café. Un nouveau produit, encore tenu secret, devrait arriver dans les rayons des magasins en 2018. Quelque 40 millions de litres de lait, transformé ou non, ont déjà ainsi été vendus depuis la naissance de la coopérative, avec un succès grandissant puisqu'il s'en est écoulé plus de 9 millions de litres en 2017 contre 800 000 en 2010.

Trouver sa place en grande surface

Mais un problème subsiste. "On doit se battre tous les jours pour trouver notre place en grande surface car il y a de la concurrence", explique le président de Faircoop. "Nous sommes désormais présents dans chaque enseigne mais elles ne prennent pas tous nos produits. Beaucoup de nos consommateurs les cherchent et ne les trouvent pas. On pourrait doubler nos ventes si les grandes surfaces nous accordaient plus de place."

La coopérative en appelle donc aux consommateurs afin qu'ils fassent pression sur le responsable de leur supermarché. Le réseau européen du lait équitable joue aussi un rôle. "Ce projet nous sert à pousser les enseignes à prendre nos produits. Par exemple, si Carrefour le fait en France, nous lui demanderons de faire de même avec les produits belges en Belgique", signale Boris Gondouin, membre français du réseau .

Son avenir, Faircoop l'envisage "avec plus de jeunes agriculteurs qui intègrent la coopérative parce que, si on continue avec le modèle standard de l'agriculture, on va droit dans le mur". Ses administrateurs rêvent aussi d'avoir leur propre usine de transformation du lait, "pourquoi pas en partenariat avec des Français, des Luxembourgeois, des Allemands, dans un lieu proche des frontières de ces pays".