Entreprise

Ces derniers mois, il est devenu de "bon ton" de critiquer les grandes entreprises et multinationales, surtout en ce qui concerne les intérêts notionnels, a déclaré vendredi Rudi Thomaes, administrateur délégué de la FEB (Fédération des entreprises de Belgique), pour qui cela suffit. "Après une attaque massive contre les indépendants, qui a dû être contrée par mon collègue Karel Van Eetvelt (administrateur délégué d’Unizo, NdlR), un certain nombre d’instances et de personnalités (politiques) - comme le parlementaire SP.A Dirk Van der Maelen, l’ABVV/FGTB et le PVDA/PTB - ont entamé une croisade dans l’opinion publique ces derniers mois contre les grandes entreprises, et plus particulièrement les intérêts notionnels", a-t-il souligné lors d’une conférence de presse.

La FEB déplore les chiffres publiés dans les médias sur le coût, estimé à 5,8 milliards d’euros (bruts) par certains, de la mesure des intérêts notionnels pour le budget de l’Etat ainsi que l’idée que les intérêts notionnels auraient un impact négatif sur les recettes liées à l’impôt sur les sociétés. "Que l’on tienne compte des recettes globales à l’impôt des sociétés ou d’un échantillon des 500 sociétés payant le plus d’impôt, on constate une progression constante - et supérieure à celle du PIB - de leur rendement depuis l’introduction des intérêts notionnels", insiste la FEB. "En réalité, le coût net de la mesure est inférieur à son coût d’opportunité, ajoute M. Thomaes. Si ce mécanisme fiscal était remis en question à un moment où les investisseurs étrangers s’intéressent moins à la Belgique, le gouvernement en affaires courantes et le Parlement porteraient une lourde responsabilité."

Plus généralement, il est évident que l’on peut être opposé à cette ficelle fiscale destinée à réduire le taux global de l’impôt des sociétés en lui préférant un système plus clair et moins tortueux. Mais il semble effectivement un peu curieux de culpabiliser des entreprises qui ne font jamais qu’appliquer les lois fiscales en vigueur. Les intérêts notionnels n’ont rien à voir avec la fraude fiscale. (D’après Belga)