Entreprise

Barbara Collinet a 37 ans. Cette mère de deux enfants est commandant de bord au sein de la compagnie belge SN Brussels Airlines (SNBA). Une corporation très largement dominée par les hommes puisque ceux-ci représentent 90 pc des pilotes belges. Après ses humanités, Barbara Collinet a suivi des études à l'Ephec à Bruxelles. «A l'époque, mon père me conseillait de faire des études passe-partout et après d'aller au bout de mes passions», souligne la jeune femme. Après un stage de planeur à Saint-Hubert en 1986, elle est saisie par le virus de l'aviation à la fin des années 80 lorsqu'elle entame sa formation théorique puis pratique en filière libre. L'occasion de voler deux mois aux Etats-Unis, à El Paso, au carrefour entre le Texas, le Mexique et le Nouveau-Mexique. En janvier 1991, elle rejoint Air Excel, petite compagnie basée à Liège. Mais peu après, ce sera la faillite dans la foulée de la crise du secteur provoquée par la guerre du Golfe. Barbara Collinet travaillera ensuite pour plusieurs compagnies actives dans l'aviation privée avant de rejoindre en août 1999 la DAT devenue depuis SNBA. «Chez SNBA, il y a 6 femmes commandants de bord et 20 copilotes. Le fait d'être une femme pilote devient de plus en plus naturel au sein de la société même si certains collègues, par boutade, estiment qu'une femme dans un cockpit, c'est... une cuisine vide», fait-elle remarquer, ajoutant que les mentalités ont évolué depuis 15 ans. Des commentaires des passagers lorsqu'ils réalisent que c'est une femme qui se trouve dans le cockpit? «Oui parfois. En 1991/92, une hôtesse m'a dit qu'un passager a refusé de monter à bord lorsqu'il s'est aperçu que je piloterais l'avion. D'autres parfois me disent: «c'est vous qui étiez aux commandes, c'était un bel atterrissage!» Mais globalement, tout se passe bien et le fait d'être une femme pilote ne pose pas de problème particulier». (V. S.)

© La Libre Belgique 2003