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Les CPAS wallons ont été amenés à traiter 5.903 dossiers de personnes arrivées en fin de droit aux allocations d'insertion en janvier et février derniers, a annoncé mardi la Fédération des CPAS de Wallonie, qui craint un chiffre noir important. Parmi ces 5.903 demandes, 4.589 ont été acceptées, soit 22,3% de refus.

Une comparaison avec les chiffres de l'Onem n'est actuellement possible que sur le seul mois de janvier, où pas moins de 12.080 personnes sont arrivées en fin de droit en Wallonie. Parmi elles, 3.361 ont frappé aux portes des CPAS (27,8%), dont 2.729 ont reçu un revenu d'intégration. Ce qui signifie qu'aucune information n'est disponible pour 72,2% des fins de droit.

Ce chiffre noir, "hors radar", interpelle Malvina Govaert, directrice générale de la Fédération des CPAS de Wallonie.

Peut-être ces personnes reporteront-elles leur décision de frapper à la porte du CPAS, peut-être ont-elles trouvé une source de revenus. "Certaines attendent trop tard, qu'elles n'aient plus de revenus, d'autres s'endettent, vont jusqu'à perdre leur logement. La honte de frapper au CPAS peut jouer, ainsi qu'une forme de déni - on n'arrive pas à croire que l'on va se retrouver sans rien", commente-t-elle.

Mme Govaert insiste sur la nécessité de documenter cet aspect de la misère sociale, en créant un baromètre du non-recours au droit comme cela existe en France.