Entreprise

Il y a deux ans, la société Internet Attitude réunissait un groupe d’investisseurs dans le but de fournir un soutien financier et un accompagnement d’experts aux petites et moyennes entreprises qui développent une activité dans le secteur Internet. "Notre concept est d’intervenir après le seed capital, lorsque les entrepreneurs ont un marché identifié, des clients identifiés et des prototypes qui existent déjà afin de financer leur croissance. Notre mise minimale est de 100 000 euros par projet et est associée à un accompagnement par un comité de quinze experts dans ce domaine. Nous jouons le rôle de relais entre les accompagnateurs en seed capital et les venture capitalists" , explique Olivier de Wasseige, membre du Comité de direction d’Internet Attitude.

Après deux ans, la société a vu défiler 120 dossiers et a participé au financement de 7 projets. Le capital total de la société est de 5 millions d’euros libéré à concurrence de 50 %. "Le fonds, qui a été créé sous forme d’une coopérative, a une cinquantaine d’actionnaires et a une durée de dix ans. La mise minimale par actionnaire est de 100 000 euros et, de ce fait, ce fonds ne s’adresse pas à des investisseurs particuliers. Nous voulons supporter des entreprises belges qui sont en phase de démarrage ou de croissance. Nous associons ce financement à une participation d’experts à la gestion" , explique Thierry Beauvois, chairman d’Internet Attitude. Les participations dans les sociétés n’excèdent jamais 49 % du capital. Ce concept répond à une attente de la part du secteur. Les sociétés cherchent à la fois des sources de financement et une expertise de spécialistes. Mais pourquoi se cantonner au secteur Internet ? "Nous remarquons qu’il y a à la fois des besoins importants de la part des consommateurs et un fort potentiel de créativité du côté des entreprises dans un secteur où nous avions nous-mêmes développé une expertise. Nous voulons donner les moyens aux entreprises de réaliser leur projet et de rester en Belgique" , estime Olivier de Wasseige.

Quel est le rendement espéré de ce fonds ? Comme il s’agit de capital avec un risque élevé, les espoirs de gains sont également importants. Les investisseurs attendent un rendement moyen net annualisé de l’ordre de 50 %, sachant que, dans le portefeuille, il y aura sans doute quelques déconvenues mais aussi, espèrent-ils, quelques pépites. "Nous n’investissons que dans ce que nous comprenons. Nous avons un réseau étendu tant auprès des organismes publics que privés et un positionnement de niche. Nous avons, dans ces sociétés, des mandats d’administrateurs ou d’observateurs. Notre société a un comité de direction qui reçoit les dossiers, les analyse et soumet les dossiers intéressants au comité d’investissement. Le conseil d’administration décide ensuite quels investissements seront réalisés" , ajoute Thierry Beauvois. La sortie se fera soit vers des invests publics, soit vers des venture capitalists. La phase d’investissement devrait s’étendre jusqu’en 2014 et la sortie (exit) est prévue entre 2017 et 2020. L’objectif est d’augmenter le capital du fonds entre 7 et 10 millions d’euros. La société a donc encore des projets en portefeuille.

Mais, qui sont ces sociétés visées ? Parmi les sociétés financées relevons la société Auctelia qui se positionne comme une plateforme Web spécialisée dans l’achat et la vente aux enchères (style eBay) d’équipements professionnels et industriels d’occasion. Une autre société, The New Sentinel a mis au point un système novateur de géolocalisation de personnes qui respecte la vie privée. La société Freedelity a développé un système ingénieux de carte de fidélité basé sur la carte d’identité électronique belge. Tous ces projets sont innovants et basés sur le Web.