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Armand De Decker (MR) estime que des magistrats ont manqué totalement de déontologie dans la procédure judiciaire touchant à Fortis. S'exprimant au cours de l'émission "Mise au Point" de la RTBF télévision, le président du Sénat s'est ému d'"une déontologie qui se perd" et d'une médiatisation trop rapide des décisions prises dans le cadre du dossier judiciaire de Fortis. Il a notamment fait allusion au fait que "le procureur du tribunal de commerce a pris contact avec un cabinet ministériel" et à la lettre du président de la Cour de cassation.

Selon M. De Decker, cette médiatisation peut faire croire au public que des intérêts politiques se mêlent à la justice, telle qu'elle est rendue tous les jours. Il estime par ailleurs qu'une Commission d'enquête parlementaire risque de porter préjudice à l'enquête judiciaire. Pour la co-présidente d'Ecolo Isabelle Durant, ce qui s'et passé est très grave car le principe de la séparation des pouvoirs a été remis en cause, mais cela s'est relativement bien passé du côté de la justice. Même s'il n'y a pas de preuve réelle, les indices d'immixtion sont déjà suffisamment graves, estime-t-elle.

André Flahaut (PS) veut que la Commission d'enquête dispose des pouvoirs étendus afin de faire la clarté et ramener la sérénité. Au cdH, le Secrétaire d'Etat Melchior Wathelet ne veut pas que l'on s'enferme dans des tactiques politiques. Il a évoqué le rapport du procureur général de la Cour d'appel, "qui a révélé une série de choses anormales tant dans le prononcé de la Cour qu'à propos des pressions exercées ou d'un mail envoyé par Mme Schuermans".

Intervenant un peu plus tard dans l'émission "Le 7e jour", le président du MR Didier Reynders a expliqué que ni lui, ni son cabinet n'ont eu de contacts avec les magistrats. Tout s'est passé dans les règles, par l'intermédiaire des avocats et de leurs plaidoiries, a-t-il dit. Avec le gouvernement remis en place, il faudra poursuivre le plan industriel de Fortis, participer à la procédure judiciaire et négocier avec les mandataires de Fortis "et pas devant une assemblée générale au Heysel".

Le ministre des Finances a également affirmé n'avoir pas été averti que la Cour d'appel prendrait un arrêt défavorable au gouvernement: "je n'avais pas cette information et je ne sais pas si d'autres membres du gouvernement le savaient", a-t-il dit, ajoutant qu'il était prêt à répondre aux questions d'une Commission d'enquête.