Entreprise

La grève des cheminots n'a pas épargné Thalys, mais la directrice générale de la compagnie Agnès Ogier se félicite dans un entretien à l'AFP d'une "bonne dynamique de la fréquentation". Elle va desservir l'an prochain Roissy, Disneyland Paris et Bordeaux, et aussi rénover ses rames.

Filiale à 60% de la SNCF et à 40% de la SNCB (son homologue belge), Thalys règne sur l'axe Paris-Bruxelles, prolongé vers Rotterdam et Amsterdam d'une part, Liège et la région de Cologne en Allemagne d'autre part. La compagnie franco-belge a dépassé l'an dernier le cap des 7 millions de passagers, pour un chiffre d'affaires dépassant désormais les 500 millions d'euros.

Si ses 600 employés n'ont pas suivi le mouvement, la longue grève des cheminots français n'a pas épargné Thalys.

La moitié de ses 26 rames sont en effet entretenues au Landy, près de Paris, "et les jours de grève, on a eu très peu de maintenance", regrette Mme Ogier. La situation s'est compliquée par la suppression de quelques créneaux de circulation pour cause de grève des aiguilleurs.

"Du coup, on a un peu abaissé le plan de transport. On a maintenu autant que possible les horaires parce que c'est important pour nos clients d'avoir des bonnes fréquences, mais on n'a parfois mis qu'une rame en circulation là où on a d'habitude des rames doubles", explique la responsable.

Bilan: 8% de capacité en moins sur le deuxième trimestre et un manque à gagner estimé à 8 millions d'euros.

Pourtant, un chiffre d'affaires en hausse

"Mais on était sur une très bonne dynamique, avec une progression du trafic de 8,8% et du chiffre d'affaires de 7,4% au premier trimestre", souligne Agnès Ogier.

Le deuxième trimestre devrait être tout de même positif, et la directrice générale avance des projections de hausse du trafic et du chiffre d'affaires de respectivement 4,7% et 2,8% pour les six premiers mois de l'année.

"Notre croissance est portée par toutes les liaisons. Mais celle qui a le vent en poupe totalement (...), c'est celle que l'on appelle la +route hollandaise+, Paris-Bruxelles-Amsterdam", se réjouit Mme Ogier.

Quelles nouveautés ?

Le nombre de passagers a augmenté de 16,3% sur cette liaison au premier trimestre, et Thalys va mettre en circulation des rames doubles à certaines heures.

Autre performance à noter, une croissance de la fréquentation de 8% vers l'Allemagne et de près de 6% pour Izy, le Thalys "low cost" qui met plus de temps entre Paris et Bruxelles.

Au chapitre des nouveautés, Thalys va lancer en avril 2019 deux allers-retours quotidiens entre Amsterdam, Schiphol (l'aéroport d'Amsterdam), Rotterdam, Anvers, Bruxelles, Roissy et Marne-la-Vallée (où se trouve le parc Disneyland Paris).

A l'image de son Bruxelles-Marseille estival, la compagnie va également offrir un aller-retour hebdomadaire sans arrêt --en 4 heures 07-- entre Bruxelles et Bordeaux, le samedi à partir de juin 2019.

Elle va en revanche renoncer à sa liaison directe Lille-Amsterdam, lancée en 2014, et qui n'a pas trouvé son public. Il faudra changer de train à Bruxelles.

"On l'a portée autant qu'on pouvait", indique Mme Ogier. "On avait 60% de petits prix! Mais le taux moyen de remplissage entre Lille et Bruxelles était de 25%."

"Plus beau train rouge"

Thalys va également profiter de la révision de ses 26 rames --qui arrivent à "mi-vie"-- pour les rénover complètement d'ici à 2022. L'investissement global atteint les 300 millions d'euros, les travaux étant réalisés dans des ateliers SNCF à Lille.

Les nouveaux intérieurs du "plus beau train rouge possible", confiés aux designers belge Axel Enthoven et française Matali Crasset, offriront notamment 7% de sièges supplémentaires et davantage de place pour les bagages, à partir du second semestre 2019.

"Notre objectif, c'est de donner envie de prendre le train, et notre sujet c'est le confort. Le siège est vraiment une priorité!", souligne Agnès Ogier, qui parle volontiers d'"ambiance chaleureuse" et de "cocooning".

Pas question pour autant d'acheter de nouveaux trains: "Si on en avait un peu plus, ça serait mieux. Mais pour l'instant, on investit dans nos rames existantes."