Entreprise

Comme prévu, un conseil d'entreprise extraordinaire a entériné, vendredi matin, le préaccord social conclu dans la nuit de mardi à mercredi entre représentants syndicaux et direction. Cette "formalité" termine la première phase du processus de la loi Renault, enclenchée par tout licenciement collectif. Les choses se précisent. Le stade de l'intention de fermer est dépassé. Le groupe ne veut plus de ses seize magasins non rentables (1), c'est une certitude. Et le plan d'accompagnement du personnel (environ 900 personnes) qui y travaille à ce jour est sur les rails.

Pour rappel, tout doit être fait pour éviter les licenciements secs. Différentes alternatives sont prévues : prépension à 58 ans, possible prépension à 55 ans (si le ministère de l'Emploi donne son feu vert), départs volontaires, crédits temps mi-temps pour les plus de 50 ans, et mutations internes des personnes occupées dans les seize GB concernés vers les autres magasins du groupe avoisinants.

"Les fermetures sont confirmées pour avant la fin de l'année", explique Geneviève Bruynseels, la porte-parole du groupe. Et, en coulisses, les discussions vont bon train. D'une part, concernant le sort des personnes qui travaillent aux seize adresses. Et, d'autre part, pour trouver des candidats à la reprise de ces mêmes magasins sous forme de franchise. Car personne n'en fait de mystère : l'idée est bien de modifier le système de gestion de ces seize supermarchés et de transformer les magasins intégrés, propres au groupe, en magasins franchisés, gérés par des indépendants. Les magasins qui trouvent preneurs rouvriront donc leurs portes.

Pas de quoi se réjouir

"Il ne devrait pas y avoir de licenciements secs, c'est une bonne chose, nous déclarait Irène Pêtre de la CNE au lendemain du préaccord social. Mais il n'y a pas de raison de se réjouir du passage des magasins en franchise, ce qui correspond à des commissions paritaires et donc à des conditions salariales nettement moins avantageuses pour le personnel." D'autant que le passage d'une gestion en propre de magasins intégrés à un système de franchise signifie la disparition de la représentation syndicale.

Alors où en est-on, concrètement ? "Nous cherchons des candidats, nous n'avons pas encore nécessairement trouvé tout le monde", consent seulement à commenter Geneviève Bruynseels. Dans le groupe Carrefour, 202 des 280 supermarchés GB sont déjà exploités par des franchisés. Tous les Express le sont également. Et quand, en février dernier, le patron de Carrefour Belgium, Marc Oursin, avait annoncé la réorganisation qu'il projetait, la franchise était bien au centre du mouvement avec l'ouverture annoncée, sous cette forme, de huit à dix supermarchés GB et d'une quarantaine d'Express. Dominique Nuytten, directeur des magasins de proximité du groupe, a affirmé jeudi à la presse flamande qu'il y en aurait même cinquante nouveaux cette année.

(1) Anderlues, Dendermonde, Deurne, Ekeren, Gent Dampoort, Gilly, Grivegnée, Halle, Heppen, La Louvière, Oudenaarde, Quiévrain, Rocourt, Sint-Niklaas, Tournai et Uccle Marlow (Bruxelles).

© La Libre Belgique 2007