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General Motors (GM) a abaissé mercredi ses prévisions annuelles, invoquant la hausse des coûts des matières premières, conséquence des nouvelles taxes sur les importations d'acier et d'aluminium imposées par l'administration Trump.

Le premier constructeur automobile américain est également affecté par la dévaluation "sans précédent" du real brésilien et du peso argentin qui plombe ses ventes en Amérique du sud.

Il ne table désormais plus que sur un bénéfice par action ajusté, référence en Amérique du nord, de 6 dollars pour l'année, contre une fourchette de 6,30 à 6,60 dollars auparavant.

Moins pessimistes, les marchés financiers anticipaient un bénéfice par action ajusté de 6,41 dollars, ce qui explique la déception des investisseurs à Wall Street, où le titre chutait de plus de 5% dans les échanges électroniques de pré-séance.

Ces coûts vont également réduire d'un milliard de dollars les flux de trésorerie, baromètre très scruté parce qu'il détermine la distribution des dividendes.

"Les récentes hausses importantes des coûts des matières premières et l'impact de taux de change défavorables du peso argentin et du real brésilien ont un impact négatif sur nos projections", explique le géant de Detroit.

Il souffre particulièrement du conflit commercial en cours entres les Etats-Unis et leurs partenaires commerciaux, Chine, Union européenne, Canada et Mexique en tête.

Le président Donald Trump a imposé de nouvelles taxes sur les importations d'acier et d'aluminium de respectivement 25% et de 10%. La Chine, premier pays affecté dès le mois de mars, l'Union européenne, le Canada et le Mexique, touchés à leur tour en juin, ont riposté, prenant des mesures identiques.

300 millions de coûts supplémentaires

L'acier et l'aluminium constituent plus de la moitié des composants d'un véhicule. Au cours du trimestre, l'envol de leurs prix a augmenté les coûts de GM de 300 millions de dollars comparé à il y a un an, a indiqué le groupe.

Pour l'année, la facture devrait être de plus d'un milliard de dollars si on ajoute également les effets défavorables des devises brésilienne et argentine, calcule GM. Les estimations antérieures étaient de 500 millions de dollars.

La plupart des coûts supplémentaires inattendus provient de l'Amérique du nord, a expliqué Chuck Stevens, le directeur financier, lors d'une conférence téléphonique avec des journalistes. Plus de la moitié de l'acier utilisé par GM est fournie par des producteurs américains, qui ont augmenté leurs prix de façon drastique depuis mars.

"Nous avons beaucoup de travail à faire" en Amérique du nord, a prévenu M. Stevens, ajoutant toutefois que la baisse massive des impôts pour les entreprises et les particuliers couplée à un taux de chômage faible sur fond de croissance économique dynamique devraient limiter les dégâts causés par la guerre commerciale pour le secteur automobile cette année.

"Nous ne nous attendons pas à ce qu'ils (tarifs douaniers, NDLR) aient des conséquences importantes sur l'industrie automobile américaine en 2018, (mais) au-delà de 2018, il y a beaucoup d'incertitudes", a estimé le dirigeant.

Donald Trump menace d'imposer des taxes douanières supplémentaires de 25% sur des importations de voitures, ce qui affecterait également les constructeurs américains qui vendent aux Etats-Unis des véhicules produits au Mexique, au Canada et en Chine. GM fabrique de nombreux modèles au Mexique, dont la Chevrolet Silverado et le GMC Sierra notamment.

Les conséquences de la guerre commerciale ont relégué en arrière-plan une "solide" performance du groupe automobile au deuxième trimestre.

Le bénéfice net a flambé de 44% sur un an à 2,39 milliards de dollars. Le deuxième trimestre 2017 intégrait une nouvelle perte d'Opel, sa marque européenne vendue depuis au groupe français PSA Peugeot Citröen.

Le chiffre d'affaires a baissé légèrement, de 0,6%, à 36,76 milliards de dollars, quasiment en ligne avec les attentes, les ventes en Chine ayant limité les dégâts en Amérique latine.

"Nous allons produire davantage en Amérique du sud pour juguler les effets défavorables de la dévaluation sans précédent du peso argentin et surtout du real brésilien", a indiqué Chuck Stevens.