Entreprise

George Forrest, premier employeur privé du Congo avec 15000 salariés diversifie ses activités.

Après avoir vendu une partie de ses intérêts miniers - ses parts dans Kamoto - à Glencore, il ne se désengage pas mais diversifie ses activités. Ainsi, la famille Forrest a racheté 55,66 % de la Banque commerciale du Congo (BCDC), la première banque commerciale du pays, dont l’Etat congolais reste détenteur du quart des actions. Les Forrest père et enfants ont racheté la participation que détenait BNP Paribas, à travers la Belgolaise. La banque française a garanti une assistance technique pour deux ans minimum.

La BCDC, qui fête son centenaire en 2009, a clôturé l’année sur une série de manifestations pour célébrer cet anniversaire, terminant, le 11 décembre, par une grande réception au cours de laquelle George Forrest, 70 ans, a été très applaudi lorsqu’il a présenté son programme : augmenter le capital, développer les activités de la banque, lui rendre son lustre international et créer une représentation en Belgique et en Afrique du Sud. La famille ne devrait cependant pas entrer directement dans le management : le conseil d’administration, où ne siégera aucun Forrest (mais où siège déjà Pierre Chevalier, vice-président exécutif du groupe Forrest), sera "indépendant, composé de professionnels de la finance et de la gestion" dont les noms seront rendus publics plus tard.

Diversification également dans le transport aérien : en collaboration avec Brussels Airlines, le groupe Forrest International (GFI) va créer en 2010 une compagnie aérienne régionale au départ de Lubumbashi, capitale du Katanga où est né George Forrest et où il vit avec sa famille - installée dans la province du cuivre congolaise depuis 1922. Korongo, nom de la future compagnie, entend que ses vols répondent aux normes internationales de sécurité, que n’atteignent pas les compagnies congolaises existantes.

Enfin, selon la lettre d’affaires Africa Mining Intelligence, dès janvier, le fils aîné de George Forrest, Malta, 38 ans, sera promu président du groupe GFI. Il était jusqu’ici président du conseil de gérance de la Société du terril de Lubumbashi (STL qui, avec la Compagnie minière du Sud Katanga, dont Forrest est actionnaire, a produit 10000 tonnes de cobalt en 2008, soit une sur sept dans le monde) et administrateur délégué adjoint des Entreprises générales Malta Forrest (EGMF, ainsi nommées en l’honneur de son grand-père, dont il porte le prénom).

George Forrest ne prend pas sa retraite pour autant, précise la lettre d’affaires : il entend garder la direction des dossiers sensibles - notamment le gisement d’uranium de Denguiro, en Centrafrique, avec la française Areva; les deux entreprises ont formé une joint-venture (70 % Areva, 30 % Forrest) nommée Areva Explo.

Forrest entend encore développer sa position stratégique sur le marché congolais du ciment. Alors qu’il fournit plus de 70 % de la production congolaise, il entend doter la cimenterie de Lukala d’une nouvelle ligne de production qui sera fournie par une entreprise chinoise, avec pour but d’alimenter non seulement le Congo-Kinshasa mais aussi le Congo-Brazzaville, l’Angola et la Centrafrique.

Enfin, le groupe Forrest a créé deux joint-ventures avec une société sud-coréenne dans le secteur de l’énergie, pour réhabiliter deux barrages hydroélectriques du Katanga, indispensables au développement de l’activité minière dans cette région.