Entreprise Reportage

Google a donné un peu de répit à Elio Di Rupo. Alors que les négociations à l’échelon fédéral battent de l’aile, le bourgmestre de Mons a inauguré officiellement samedi le "data center" (centre de données) que Google s’est employé à construire ces trois dernières années à Saint-Ghislain, le long du Canal du centre.

Une réalisation qui représente "le triomphe de la volonté (sic) sur le pessimisme ambiant" , s’est gargarisé le président du PS, lequel a également souligné l’improbable défi que constituait l’arrivée en Hainaut de la société californienne. Même sourire radieux chez son camarade Rudy Demotte. "La collaboration avec Google est un partenariat win-win pour les deux parties, a lancé le ministre-président de la Région wallonne . C’est aussi un symbole du redressement wallon et de notre attractivité aux yeux des investisseurs étrangers."

Il est vrai que les chiffres confortent le discours politique : 250 millions investis par le géant de l’Internet à Saint-Ghislain, 85 sociétés (dont 75 % wallonnes) impliquées dans la construction, 120 emplois créés sur le site (80 étant occupés par des gens de la région) et, in fine, plus de 3 000 personnes qui ont contribué à faire sortir de terre le bâtiment. Mais qu’est-ce qu’un "data center" ? On peut décrire cette installation comme un gigantesque entrepôt de serveurs qui permettent de stocker et traiter un très grand nombre de données informatiques. Dans le cas de Google, les centres de données, disséminés à travers la planète, agissent en toile de fond pour les multiples services que fournit Google à ses millions d’utilisateurs : la recherche, mais aussi la messagerie électronique (Gmail), la vidéo (YouTube) ou la cartographie (Google Maps). Gourmands en énergie, les "data centers" de Google sont souvent localisés à côté d’un cours d’eau, un critère qui a joué dans le choix du site de Saint-Ghislain.

Quid du rôle de Mons dans l’architecture technologique déployée par Google au niveau mondial ? Motus et bouche cousue : le responsable des lieux a réussi l’exploit de faire visiter les locaux sans dévoiler un traître mot de ce qui s’y trame réellement (nos collègues photographes n’étaient guère davantage à la fête), excepté que les employés ont une cafétéria (Google est réputé pour la qualité de la nourriture offerte à ses collaborateurs), un kicker, un flipper et une table de ping-pong à leur disposition pour se détendre. On est content pour eux

A vrai dire, cette opacité n’est pas réellement une surprise pour ceux qui suivent l’actualité du moteur de recherches, particulièrement quand il s’agit de ses centres de données que la société américaine considère comme un avantage stratégique sur la concurrence. Pour le reste, il n’est pas exclu que l’implantation de Mons, qui couvre une surface de quelque 80 hectares, soit le point de départ d’autres partenariats avec les entreprises, écoles et universités de la région.

Un groupe de travail, initié par le ministre-président Rudy Demotte, travaille sur la question. " Mais rien ne se concrétisera avant 2011 " , explique-t-on chez Google.