Entreprise

La société californienne organise son festival Dreamforce au cœur de San Francisco. Thème central: la gestion des relations client.

Lundi a débuté, à San Francisco, le festival Dreamforce, un événement organisé chaque année par le groupe américain Salesforce. Une grand-messe du logiciel de gestion de la relation clIent. Un très gros événement pour une boîte en plein boom.

Dès le départ, le ton est donné. A Londres, une foule de journalistes embarquent pour se rendre à l'événement. La sécurité est renforcée pour les vols à destination des États-Unis et il faut expliquer ce que l’on fait en détails aux hommes en noir. "Et elle vend quoi, cette société Salesforce?", interroge l'un d'eux. "Elle vend... tout", répond un journaliste français.

Ce n’est pas faux. Salesforce est spécialisée dans l’accompagnement digital des entreprises commerciales. C’est-à-dire un pan énorme de l’activité des entreprises des économies développées. Et comme nous l’explique Bob Vanstraelen, vice-président Benelux de Salesforce, "nous proposons des solutions CRM dans une mesure égale aux petites, moyennes et grandes entreprises. C’est-à-dire des outils qui gèrent la relation client au sens large: de la vente à la commande, en passant par la gestion des dossiers, le marketing, l’analyse des datas, le tout dans une vision très proche de l’humain". Et ça marche: sur l’exercice en cours, Salesforce affiche un chiffre d’affaires de près de 11 milliards de dollars avec quelque 27.000 employés. Mais les emplois indirects sont innombrables chez les partenaires, clients et intégrateurs.

C’est ce qui explique l’affluence à San Francisco, en ce début novembre, puisque l’on attend pas moins de... 170.000 participants, qui ont payé leur ticket d’entrée pour être de la fête. L’organisation doit être sans la moindre faille: c’est l’essence du savoir-faire de l’entreprise américaine. Et comme c’est le cas depuis 2014, lorsqu’elle avait accueilli 140.000 invités, Salesforce a mis les petits plats dans les grands. Une application spécifique est disponible pour suivre les multiples présentations, s’y inscrire, aller de l’une à l’autre sans se perdre dans les différentes localisations autour du Moscone Center, centre nerveux de la manifestation. Pour ceux qui rechignent à utiliser leurs "datas" mobiles à l’étranger, des plans à la Disneyland sont disponibles... On est quand même aux États-Unis!

170.000 participants pour une ville comme San Francisco, c’est un peu beaucoup, quand même? "Oui, c’est le maximum. On a dû limiter le nombre parce qu’au-delà, c’est ingérable", nous explique un responsable néerlandais du groupe. "Tous les hôtels de la ville sont complets, et c’est aussi le cas de l’autre côté de la baie, jusqu’à Oakland". Pour ceux qui n’ont pas décroché leur ticket, Dreamforce est en partie disponible en ligne.

Au registre des personnalités invitées à s’exprimer, le patron de Salesforce, Marc Benioff, a décidé de partager la vedette avec Michelle Obama. Pas de photos autorisées, pas de selfies, sécurité absolue... Mais l’essentiel, pour les participants, c’est d’aller écouter les "keynotes" courtes des spécialistes de l’entreprise et de ses clients pour y trouver les idées qui pourraient les aider à développer leurs propres affaires. Certains clients envoient à Dreamforce des dizaines de leurs cadres pour les sensibiliser à l’importance des outils de changement numérique de l’entreprise. Plus de 3.000 sessions sont prévues.

Compte tenu des difficultés à organiser un tel événement à San Francisco, pourquoi le faire ici? Parce que c’est à "SF" que Marc Benioff a lancé sa boîte en 1999. Preuve de sa puissance, Salesforce y construit d’ailleurs ce qui deviendra bientôt la plus haute tour de la ville.