Entreprise

Le Château de Limelette, complexe hôtelier du Brabant Wallon, semble rencontrer quelques difficultés de gestion quotidienne. Les employés sont inquiets pour l'avenir de l'établissement. Une grève est en cours ce mardi.

En 2016, une procédure en réorganisation judiciaire est déposée. Une nouvelle société reprend les rênes du Château de Limelette. Sa fonction : renflouer les dettes de l'ancienne société. Seulement voilà, les avis des touristes ne sont pas élogieux, le personnel s’attelle au four et au moulin et les normes de sécurité ne sont pas respectées.

Depuis lors, l'inquiétude guette le personnel et des bruits de couloir s'installent. Les soupçons de faillite frauduleuse sortent à demi-mot de certaines bouches. "On a le sentiment ici que le propriétaire fait tout pour faire faillite. Il voudrait peut-être virer tout le monde, ne pas payer les factures, prononcer ainsi la faillite et garder le bien immobilier", estime un membre du personnel contacté par LaLibre.be. "Quand il a repris la gestion du château, il avait promis de le faire en bon père de famille. En réalité, c'est la catastrophe".

Du côté de la CSC, on tempère : "Il n'y a pas de preuves qui démontrent la préparation d'une faillite frauduleuse. Il est possible que, inquiets, les employés voient une catastrophe arriver. Dire qu'il y a des problèmes, c'est vrai. Que la direction ne les gère pas comme elle le devrait, c'est vrai. Mais on ne peut pas parler de faillite frauduleuse." Sur fond de mauvaise gestion quotidienne, le représentant syndical regrette que le Château de Limelette soit "un 4 étoiles qui n'en a plus que le nom".

Du côté du syndicat socialiste, l'inquiétude est aussi de mise. "la situation ne s’arrange malheureusement pas. Pire, elle se détériore", affirme le Setca via communiqué. Résultat : ce mardi, "les travailleurs ont décidé d’arrêter le travail afin de manifester leur ras-le-bol et de dénoncer la gestion catastrophique de la direction". Le syndicat pointe du doigt de nombreuse créances pas honorées, des manquements grave, des plaintes de clients... Et il réclame "une meilleure gestion financière" et des "investissements à plus long terme".

Face à ces accusations dont LaLibre.be avait eu vent dès la semaine passée, le propriétaire, Michel Meyer-Ettedgui, d'un ton très calme, se montrait rassurant "Vous pouvez les rassurer. Rien de cela n'est vrai".

Des travaux qui se font attendre

Les employés, comme la direction, l'admettent : l'état de la toiture laisse pourtant à désirer et la modernisation des bâtiments est nécessaire. Des travaux sont dès lors en cours depuis un certain temps. Le propriétaire des lieux l'affirme : "Je ne peux pas vous dire quand ce sera terminé. Mais les travaux des sept chambres sont en cours". En outre, vingt-deux autres chambres situées au fond de la propriété ont été bloquées à la demande des pompiers suite à un incendie dans ce même bâtiment. "Ces vingt-deux chambres n'ont pas été touchées par l'incendie mais au vu des sorties de secours disponibles et des dégâts causés par le feu, les pompiers de Wavre ont exigé la clôture de ce bâtiment".

L'un des officiers des pompiers de Wavre confirme que "c'est un dossier compliqué. Il a fallu se rendre plusieurs fois sur les lieux".

Des factures impayées et un ras-le-bol général

Concernant les accusation de factures impayées auprès des fournisseurs, Michel Meyer-Ettedgui répond que "Tout ça est mensonger. Toutes les factures sont payées, toutes".

Du côté des prestataires, on n'est pas aussi catégorique. Du côté de Sorescol, par exemple, l'on reconnait qu'"il est vrai que des factures ne sont pas payées. Cependant, je ne peux pas vous en dire plus".

Le propriétaire est aussi accusé de ne pas mettre suffisamment d'effectif au service de son hôtel. "Certains sont en dépression, d'autres sont partis en claquant la porte. Je dois accomplir des tâches qui ne sont pas miennes", affirme notre source. M. Meyer-Ettedgui réagit : "Chaque personne a un poste bien défini".

"Tout va bien"

Michel Meyer-Ettedgui assure finalement que "la société se porte bien". Le directeur soutient qu'il est "entouré de gens envieux depuis huit ans. C'est de la méchanceté gratuite". L'homme d'affaires va jusqu'à citer la Bible : "Ne jalousez jamais votre prochain".