Entreprise

GlaxoSmithKline (GSK) Biologicals, le premier fabricant mondial de vaccins humains, a l'intention d'investir en Belgique, d'ici les cinq prochaines années, pour un montant total de 400 à 500 millions d'euros. C'est ce qu'a annoncé, jeudi, Jean Stéphenne, le président-directeur général du groupe. La filiale de la multinationale britannique pharmaceutique GSK continue donc à développer ses trois sites belges (Rixensart, Wavre Nord et Les Isnes) et à maintenir son rythme d'un nouvel engagement par jour. Mais non sans difficultés ni sans inquiétudes. `GSK Biologicals espère être en mesure de poursuivre ses investissements en Belgique mais le marché belge perd de son pouvoir au sein du groupe GlaxoSmithKline en raison du climat politique hostile pour l'industrie pharmaceutique en général et pour la commercialisation de vaccins en particulier´, a tenu à souligner l'ancien président de l'Union wallonne des entreprises. Et d'énumérer les sempiternels obstacles: charges sociales élevées, manque d'incitants fiscaux pour la recherche et le développement, la complexité des lois sociales, etc.

GSK Biologicals (près de 4.000 personnes en Belgique) est le numéro un mondial dans le domaine des vaccins, avec une part de marché de 24 pc. Ses ventes annuelles représentent 1,7 milliard d'euros, dont 99 pc sont réalisés sur des marchés étrangers (dans 171 pays). La société a développé des vaccins contre l'hépatite A et B, la diphtérie, le tétanos, la coqueluche, la rougeole, la polio, la typhoïde, etc. La société développe actuellement de nouveaux vaccins contre des virus et des bactéries tels que, par exemples, le rotavirus, l'hépatite E, la malaria, le virus herpès...

Depuis quelque temps déjà, les dirigeants de GSK dénoncent `le manque de transparence et d'uniformité´ en matière de politique des vaccins. Il faut savoir qu'en Belgique le financement des vaccins est traité partiellement au niveau fédéral et au niveau communautaire. `Ceci donne aujourd'hui naissance à une situation où certains vaccins pour enfants sont totalement remboursés lorsqu'ils sont donnés par des organisations publiques comme l'ONE (en Communauté française) et Kind en Gezin (en Flandre) et ne le sont pas lorsqu'ils sont donnés par le médecin de famille´, explique Frank Pieters, le directeur général de GlaxoSmithKline Pharma.

Le financement des vaccins

De plus, le système qui régit l'achat de vaccins, à savoir les appels d'offre, estime le responsable de GSK, `ont un impact négatif sur la qualité des vaccins dans la mesure où ils tiennent uniquement compte du prix´. Bref, les dirigeants estiment que si la Belgique veut rester une force motrice dans le domaine de la vaccination, le climat doit changer. Selon eux, la prévention en matière de santé doit résolument rester du ressort des Communautés et le financement doit devenir une responsabilité fédérale au niveau de l'Inami `afin qu'un seul acteur soit impliqué lorsqu'il s'agit du financement des vaccins´.

© La Libre Belgique 2002