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Après le dépôt d'un préavis de grève par la CSC-Transcom et l'organisation, par le syndicat chrétien, d'actions de grève la semaine dernière, les syndicats CGSP et SLFP ont annoncé ce jeudi "avoir rompu toutes négociations" avec la direction de Bpost. Une annonce dont on ne connaît pas encore les conséquences.

Pour rappel, la direction de Bpost a annoncé jeudi dernier son intention de sous-traiter intégralement les activités de nettoyage et de restauration en 2020 (353 emplois). En outre, l'emploi pourrait diminuer de 90 à maximum 130 équivalents temps plein au sein des contact centers tandis que Bpost veut limiter la durée d'encadrement des travailleurs contractuels par le "job mobility center", une sorte de cellule de reconversion et de reclassement interne à l'entreprise publique. Et ce mercredi soir, en marge de la présentation de ses résultats trimestriels, la direction de Bpost a annoncé une adaptation de sa structure et de son comité exécutif.

La décision des deux syndicats de quitter la table des négociations est liée à cette intention de restructuration. Ils veulent aussi "dénoncer le comportement, négativiste, de la CSC", précise Marc De Mulder, président du SLFP-Poste.

D'ailleurs, dans une communication conjointe envoyée à leurs affiliés par la CGSP et le SLFP, les deux syndicats s'en prennent à "une autre organisation syndicale" (en visant la CSC) par rapport à leurs modalités de grèves et à leur prosélytisme syndical, qui viserait à déforcer la CGSP et le SLFP... Une bataille entre syndicats qui déforcerait, surtout, la position de ceux-ci dans le cadre des réformes annoncées par Bpost et des négociations qui s'annoncent à ce sujet.

Ce que reconnaît Marc De Mulder. "Oui, cela nous déforce et j'espère que cela va rapidement s'arranger. Mais il faut un changement d'attitude de la part de la CSC et du respect pour tout le monde, afin que nous puissions entamer les négociations à fond avec l'entreprise."

"Lutter contre le gouvernement, pas contre Bpost"

Marc De Mulder nous le confirme, il ne veut pas d'un mouvement de grève comme préconisé par la CSC. "Une grève ne va rien changer; elle risque de nous faire perdre des clients. Faire cavalier seul et organiser une grève pour être populaire, ça n'arrange personne."

Le patron du SLFP est "pour une concertation et des négociations, et si on n'y arrive pas, alors on pourrait envisager une grève, mais pas avant. Bpost suit les règles du gouvernement. C'est contre le gouvernement, et contre l'Europe, qu'on doit se battre. Ils sont pour l'emploi ? Moi, je dis que c'est l'inverse. Ce n'est pas en externalisant les tâches, avec des faux indépendants, avec des salaires moins élevés à la clé, que les choses vont s'améliorer".

"Maintenant, basta !"

La CSC, violemment attaquée par "le front rouge-bleu", répond à ces accusations. "Je ne comprends pas cette guerre et je ne comprends pas cette attitude. Même si la CSC s'est démarquée dans ses prises de positions, elle n'a jamais critiqué celle des autres organisations syndicales", lance Stéphane Daussaint, le responsable de la CSC Transcom Postes.

Dans un tract envoyé à ses affiliés jeudi, le syndicat chrétien qualifie de "triste et affligeant" la condamnation dont elle fait l'objet. "Maintenant, basta ! La priorité est de faire du syndicat et de défendre les postiers, leurs droits, leur avenir et leur emploi", peut-on lire dans le tract.

"Nous allons nous recentrer sur notre responsabilité syndicale : les négociations avec la direction sur les vieux problèmes non résolus et sur la restructuration. Nous voulons qu'elles s'ouvrent rapidement et qu'on avance dans les discussions. Si ce n'est pas le cas, nous envisagerons des actions de grève", annonce Stéphane Daussaint.

Chute en bourse

Pendant ce temps, Bpost a plongé en bourse, puisque le titre perdait plus de 10 % vers 11h. L'action connaît des difficultés depuis le mois de mars, puisqu'il est passé de plus de 27 euros le 2 mars à environ 16 euros aujourd'hui.