Entreprise

Le gouverneur de la Banque nationale de Belgique, Guy Quaden, dont le mandat est arrivé à échéance à la mi-2010 mais qui prolonge celui-ci "dans l’attente de la désignation d’un successeur" (que le pouvoir politique peine manifestement à trouver ), a été en première ligne cette semaine à l’occasion de la publication du rapport de l’institut d’émission. Centré sur l’inflation et l’indexation, celui-ci a fait la "Une" des journaux. L’événement qui se prépare à Liège sera sans doute moins médiatique mais il a valeur de symbole. Membre du corps professoral de l’Université de Liège à la fin des années soixante, Guy Quaden sera admis à la retraite mercredi avec titre de "professeur extraordinaire émérite".

Né à Liège en 1945, Guy Quaden a ainsi connu des parcours parallèles. Licencié (1967) et docteur (1973) en science économique de l’Université de Liège, il est aussi diplômé de la Sorbonne (1972). Nommé professeur ordinaire en 1977, il a été doyen de la Faculté d’économie, de gestion et de sciences sociales (1987-1988). Président du Conseil central de l’économie de 1984 à 1988, il est devenu membre du comité de direction de la Banque nationale, chargé notamment des préparatifs de l’introduction de la monnaie unique en tant que commissaire général à l’euro (1996-1999). Depuis le 1er mars 1999, il est gouverneur de la BNB et membre du conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne.

Pour saluer l’événement, l’Université de Liège mettra les petits plats dans les grands le 23 février prochain. Lors d’une manifestation qui se déroulera au palais des congrès de la Principauté, les autorités académiques s’exprimeront tour à tour, ainsi que des personnalités politiques. La soirée sera toutefois marquée par l’intervention de Jean-Claude Trichet, le président de la Banque centrale européenne, dont le mandat vient à échéance au mois d’octobre prochain. Une façon de marquer, en pleine bataille pour la succession présidentielle à la BCE, que les activités financières et académiques du gouverneur Quaden ont toujours été étroitement liées.

En attendant, les témoignages de collègues et "anciens" abondent. "Quand je pense à Guy et à sa carrière professionnelle, les mots qui me viennent à l’esprit sont ceux d’équilibre, de force tranquille, de modération et de bon sens. Il a toujours maintenu un équilibre rare et délicat entre de remarquables qualités intellectuelles et une personnalité chaleureuse et attachante. Il n’a jamais caché ses convictions d’homme de gauche, d’une gauche à consommer avec modération. Je me souviens de la défense et illustration de la social-démocratie qu’il me fit, il y a de nombreuses années. Il est incontestable que la modération et le bon sens dont il a toujours fait montre ont contribué à la réussite de son mandat de gouverneur de la BNB en ces temps difficiles", nous a ainsi confié Pierre Pestieau, professeur à la Faculté d’économie, de gestion et de sciences sociales.

Quant à Bernard Jurion, professeur ordinaire et président du département d’économie, il nous a déclaré : "En tant qu’universitaire, à côté de ses qualités d’économiste, j’insiste tout particulièrement sur ses qualités pédagogiques qui lui permettent d’expliquer, en quelques mots simples, des situations économiques parfois fort complexes. Il a fait bénéficier de ces qualités près de quarante générations d’étudiants de l’université de Liège dans le cadre de ses cours de politique économique, tout comme il en fait encore profiter, aujourd’hui, la presse ou le public en général, lorsqu’il commente le rapport annuel de la Banque nationale ou, plus généralement, lorsqu’il exprime l’avis de l’institution sur la situation économique de la Belgique."

Mais le plus enthousiaste est sans doute Bernard Thiry, le patron d’Ethias, ancien étudiant et collègue académique de Guy Quaden. Il le considère comme son mentor. "J’ai été son étudiant, puis son assistant et, enfin, son collègue à l’ULg , explique-t-il . Il m’a lancé, notamment comme directeur de thèse. De ses cours, je garde le souvenir d’un excellent orateur, très pédagogue, captivant l’auditoire avec beaucoup d’humour. En tant que chef de service à l’université, il nous laissait une totale liberté d’organisation et de réflexion. C’était vraiment fantastique."

Sur la personnalité de Guy Quaden , Bernard Thiry est également élogieux : "C’est quelqu’un qui aime vivre. Comme jeune chargé de cours, il sortait beaucoup, aimait recevoir chez lui. Un guindailleur, indéniablement ! Il a d’ailleurs gardé certaines de ces caractéristiques Très respecté par ses pairs, simple et ouvert, il ne se formalise pas pour des questions de convenance. Et ne se prive pas d’aller crier contre l’équipe adverse, lors des matchs du Standard !"