Entreprise

Le brasseur britannique Scottish & Newcastle, propriétaire en Belgique d'Alken-Maes (qui brasse notamment la Maes, la Grimbergen, la Mort Subite, la Cristal ou la Ciney), a accepté vendredi d'être racheté par le Danois Carlsberg et le Néerlandais Heineken pour 7,8 milliards de livres (10,5 milliards d'euros).

Après avoir refusé trois propositions inférieures, S & N a fini par accepter vendredi l'offre à 800 pence par action du consortium, qui valorise son capital existant à 7,6 milliards de livres, et le capital "existant et à venir" à 7,8 milliards de livres, selon le consortium qui précise qu'aucun dividende ne sera versé en sus de ce prix. Carlsberg héritera de Kronenbourg ainsi que des activités grecques, chinoises et vietnamiennes de S & N. Surtout, il hérite de la lucrative deuxième moitié de BBH, la coentreprise avec Scottish & Newcastle en Russie. Heineken prendra les activités britanniques, irlandaises, portugaises, finlandaises, belges, américaines et indiennes.

La séparation du groupe sera faite "le plus vite possible et en tout cas dans les douze mois" suivant la réalisation effective de la fusion, prévue au deuxième trimestre, selon le consortium.

Au niveau belge, des réunions du personnel ont eu lieu, au cours de la journée, dans les différents sites d'Alken-Maes pour mettre les quelque 500 travailleurs au courant de la décision. Le second plus grand brasseur de Belgique a deux brasseries : l'une à Alken et l'autre à Kobbegem. Les services administratifs et commerciaux se trouvent à Waarloos.

Si la direction d'Alken-Maes entrevoit l'avenir de manière positive, Steve Rosseel, de la CSC, estime quant à lui qu'"il y a beaucoup d'incertitude". Selon lui, "la direction se pose elle-même beaucoup de questions et a peu de réponses. Elle nous a donné la garantie qu'elle mettrait immédiatement à notre disposition toute information supplémentaire". L'incertitude pèse également sur l'avenir des sites d'Alken-Maes. Heineken, qui va reprendre les activités belges de S & N, songe par le biais de cette reprise à épargner annuellement quelque 162 millions d'euros, dont 70 pc via des réductions de coûts. Des économies qui peuvent prendre n'importe quelle forme, estime le secrétaire de la CSC.

"Nous avons enregistré de bons chiffres ces dernières années en misant sur une stratégie de marques fortes. Nous avons un panier de belles marques. Je ne pense pas que nous devons nous faire du soucis", a déclaré la responsable de la communication d'Alken-Maes, ajoutant que la direction du brasseur belge avait informé le personnel autant que faire se peut. (D'après Belga)

© La Libre Belgique 2008