Entreprise

La direction veut fermer l'usine et a emporté une centaine de pièces destinées à un important client.

La direction de Truflo Rona, qui a annoncé début octobre son intention de fermer le site d'Herstal (province de Liège) qui emploie 105 personnes, a fait sortir dans la nuit de samedi à dimanche, une commande d'une centaine de pièces volontairement bloquées par les travailleurs dans le cadre des difficiles négociations de la phase 1 de la loi Renault actuellement en cours, a dénonce dimanche soir la FGTB. Le responsable des négociations, accompagné de deux autres membres de l'entreprise et d'une société de transport, s'est introduit dimanche vers 3 h du matin afin de libérer un stock d'une centaine de pièces destinées à un important client.

"Nous ne pouvons cautionner une telle attitude et encore moins le comportement hypocrite des responsables de cette entreprise qui agissent comme des cambrioleurs", a souligné la FGTB qui estime que le site possède pourtant des capacités de développement industriel.

Face à une telle situation, le personnel a décidé d'occuper en partie l'usine cette nuit afin d'éviter une nouvelle intrusion.

Le travail a finalement repris lundi vers 10 heures, au terme d'une assemblée générale. La centaine de travailleurs a été informée que le responsable des négociations avait fait embarquer dans la nuit de samedi à dimanche une importante commande estimée à 4 millions d'euros, commande bloquée par le personnel dans le cadre des négociations concernant la fermeture de l'entreprise annoncée en octobre dernier. Les syndicats estiment que cette décision est grave et qu'elle va grandement dégrader le climat social déjà tendu lors de cette phase 1 de la loi Renault, la direction ayant rappelé la semaine dernière que la seule issue était la fermeture de l'entreprise.

Les organisations syndicales souhaitent que les travailleurs effectuent leur tâche quotidienne mais elles vont s'organiser afin que les commandes en cours ou réalisées, le matériel et le parc de machines ne suivent pas la même voie que celle actuellement préconisée par la maison mère.

Le négociateur, mandaté par IMI, société anglaise dont dépend Truflo Rona, avait annoncé que l'entreprise assumerait le plan social à négocier à condition de libérer les vannes bloquées par le personnel et destinées à un important client mais aussi en clôturant la phase 1 de la loi Renault. "Ils sont passés en force pour la première des conditions. Ils risquent de remettre le couvert mardi lors de notre prochaine entrevue dans le cadre des actuelles discussions", craignent les syndicats qui demandent que l'intégrité physique de la direction et le maintien en l'état actuel de l'outil soient préservés.