Entreprise

Portrait

Magnat, empereur, "tycoon", "citizen Kane"... A 76 ans, Rupert Murdoch cumule les étiquettes classiquement collées aux quelques hommes qui ont compté ou comptent encore dans la galaxie planétaire des médias. Il en est devenu le patriarche, plus fortuné et conquérant que jamais. Ses concurrents actuels, actifs surtout dans la sphère des "nouveaux médias" (Google et consorts), ont l'âge de ses quatre premiers enfants. Car les deux derniers, nés d'un troisième mariage avec une splendide Chinoise de 38 ans, ont à peine l'âge d'aller à la maternelle... D'un âge avancé, et alors qu'on parle de sa succession depuis au moins une décennie, Rupert Murdoch n'est jamais apparu aussi actif et activiste sur la scène politico-médiatique mondiale qu'aujourd'hui.

La vie de Rupert Murdoch est un croisement entre "A la conquête de l'Ouest" et "Dallas". Né à Melbourne au printemps 1931, sa biographie mentionne un héritage très précoce : deux journaux à faible tirage implantés dans la région d'Adélaïde. Il n'a que 21 ans et est touché par le virus des médias. Mais l'Australie n'a pas la taille suffisante pour répondre à ses énormes ambitions. Dès la fin des années 1960, Rupert Murdoch part à l'assaut de la presse britannique. "The Sun", le plus populaire des tabloïds anglais, tombera dans l'escarcelle de son groupe News Corp., ainsi que "News of the World" et, plus tard, "The Times". Autant de supports dont il se servira pour soutenir la "Dame de fer" et affaiblir les syndicats. Mais l'homme est un opportuniste : depuis quelques années, "ses" médias sont derrière le Labour...

La marche en avant de Murdoch, naturalisé américain en 1985, ne fera que s'accélérer et se diversifier. Après la presse écrite, il prend position dans le cinéma (avec les studios de la Fox) et la télé, à la fois sur le câble américain (réseau Fox, régulièrement accusé d'être "pro-Bush") et le satellite (dont les multiples bouquets payants Sky). Suivra, en 2005, l'Internet avec l'acquisition de la plateforme d'échanges MySpace.

Mardi, en s'emparant de Dow Jones et du "Wall Street Journal", Rupert Murdoch a une nouvelle fois prouvé son talent de stratège. Et sa succession ? Le sujet n'est pas d'actualité.