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Les femmes gagnent moins que les hommes. Grâce aux études chiffrées sur le sujet, on sait depuis longtemps que c'est une réalité et non un mythe. Toutefois, si l'écart salarial entre hommes et femmes ne se creuse pas en Belgique, il ne se réduit pas non plus. Selon l'Institut national des statistiques, le salaire mensuel brut des hommes belges était, en 1999, de 2 341 € à comparer à 1 907 € pour les femmes. Cinq ans plus tard, l'écart tournait toujours autour des 400 €. C'est le constat de cette différence persistante qui amène la FGTB à organiser, pour la troisième édition, la campagne "Equal Pay Day", en faveur de l'égalité salariale.

"L'écart salarial entre hommes et femmes résulte de la politique de gestion du personnel dans les entreprises mais aussi de l'organisation de la société", explique Anne Demelenne, la secrétaire générale de la FGTB.

En fonction des sources de données et du mode de calcul adopté, l'importance de l'écart varie entre 13 et 28 pc en Belgique, ce qui situe la Belgique dans la moyenne européenne. D'après une enquête menée via le site du syndicat socialiste auprès de 20 000 salariés, le salaire mensuel brut moyen des hommes est 26 pc plus élevé que celui des femmes. Autre chiffre éloquent : les hommes représentent 56,88 pc du marché du travail mais perçoivent à eux seuls 63,84 pc de la masse salariale totale.

Peu de femmes à la direction

Par ailleurs, l'écart salarial varie considérablement en fonction des secteurs. Ainsi, selon la FGTB, les hommes actifs dans les banques ou les sociétés d'assurance gagnent 43 pc de plus que leurs collègues féminines. Dans l'Horeca, la différence est moindre : 11,7 pc.

Pourquoi de telles différences ? "Il y a plus de femmes qui travaillent à temps partiel que d'hommes", relève la responsable du syndicat. En 2004, le taux de travail à temps partiel était de 41,5 pc pour les femmes, à comparer à 7 pc seulement pour les hommes. "Mais les femmes sont en général peu conscientes des conséquences que ce choix peut avoir sur leurs droits sociaux", note Anne Demelenne. "Elles perdent le droit à des allocations de chômage ou de maladie et à une pension complète. On se retrouve donc avec un risque de pauvreté qui touche particulièrement les femmes." En outre, les femmes s'orientent davantage vers des secteurs peu porteurs en termes de salaires, comme les soins de santé et les services sociaux ou le domaine de l'habillement.

Il existe en outre une ségrégation verticale : les femmes sont sous-représentées dans les fonctions dirigeantes. "Les femmes ayant entre 25 et 44 ans ont pourtant un plus haut niveau d'études que les hommes. Dans la tranche d'âge de 25 à 40 ans, il y a 25 000 femmes en plus que d'hommes hautement qualifiés", souligne Anne Demelenne.

Avec la campagne Equal Pay Day, qui se concrétisera par une journée d'actions le 30 mars, la FGTB espère sensibiliser tous les acteurs de la société (politiques, employeurs, parents et enseignants) à cette problématique.