Entreprise

Les questions de mobilité ont toujours passionné Xavier Tackoen, 38 ans, l'administrateur-délégué d'Espaces-Mobilités (voir son portrait ci-dessous).


Actuellement se tient le Salon de l’auto à Bruxelles. Les ventes de voitures ont encore progressé en 2017 alors que la mobilité est à l’arrêt… Un paradoxe ?

La mobilité est liée à la croissance. On ne parle plus de crise économique aujourd’hui. La mobilité, ce ne sont pas que des personnes qui travaillent. Ce n’est pas cela qui génère nos problèmes aujourd’hui. Mais bien la complexité des horaires de travail et des horaires d’activités qui ont complètement explosé par rapport à il y a trente ans et la très forte hausse du transport de marchandises. On le voit sur les rings de Bruxelles et d’Anvers : toute la chaîne de logistique européenne se retrouve sur nos routes en permanence et à tout moment.

Et la situation se dégrade chaque année un peu plus…

C’est très inquiétant. La congestion en heures de pointe n’évolue plus beaucoup mais s’étend plus tôt et plus tard. Le réseau est tellement saturé que, dès qu’il y a un petit problème, le chaos est assuré. Ce qui n’est pas le cas quand un gros problème survient comme lors de la fermeture du viaduc Hermann-Debroux. Une fois que les gens sont prévenus, ils s’adaptent, trouvent des alternatives, partent plus tôt, pratiquent le télétravail, prennent d’autres modes transports… Mais au quotidien, on ne se remet pas en question. Très peu de gens se lèvent le matin et deviennent des cyclistes au quotidien.