Entreprise

«C'est beaucoup trop peu et à mesure que les entreprises se développent, elles sont confrontées à des charges administratives de plus en plus importantes et complexes», dit Jean-Pierre Delwart, vice-président de l'UWE.

Des freins à gommer

Les 4168 sociétés employaient 60524 travailleurs (11pc de l'emploi total) en 2004 contre 26650 personnes en 1998 (6pc) et fournissent 15pc de la valeur ajoutée des entreprises non financières. D'après l'UWE qui les présente comme le levier de l'économie wallonne, les entreprises à forte croissance souffrent des mêmes maux que les autres sociétés basées en Wallonie: trop petites (14 personnes contre 8 pour la moyenne des sociétés), peu actives dans les secteurs à fort potentiel de croissance (biotechnologie, informatique, etc.) et peu tournées vers l'exportation. «Leur contribution à la croissance est importante et est encore plus décisive en termes d'emplois, car sur la période 1998-2004, près de 2 emplois nets sur 3 créés l'ont été au sein de ce groupe d'entreprises en forte croissance», affirme Didier Paquot, directeur du département Economie/R&D de l'UWE.

La fédération patronale estime que le Plan Marshall est insuffisant pour relancer l'emploi, elle prône la suppression des freins et des obstacles qui les empêchent de se déployer. Il y a notamment les mécanismes actuels de réduction des coûts salariaux. «C'est un déterminant essentiel pour la croissance des entreprises, or aujourd'hui, les mécanismes de réduction des charges sont trop compliqués parce qu'ils sont focalisés sur des groupes cibles (jeunes de moins de 26 ans et peu qualifiés). Les réductions sont limitées dans le temps, sont calculées en montant absolus et sont peu importantes», épingle M. Paquot. Il plaide pour des réductions automatiques, linéaires et significatives. «Il faudrait une réduction des coûts salariaux d'au moins 10pc des rémunérations totales (4,5pc actuellement), voire de 15 à 20pc pour les bas salaires», dit-il.

L'UWE demande que les contraintes imposées aux entreprises d'au moins 10 salariés (fin des primes à l'emploi, réduction des taux de bases d'aides à l'investissement, etc.) et celles d'au moins 50 salariés (délégation syndicale, embauche de stagiaires équivalent à 3pc de l'emploi total, pertes des aides réservées aux PME, etc.) soient supprimées ou ne visent que les sociétés d'au moins 100 salariés. Elle plaide aussi pour davantage de partenariats entre les entreprises et les unités de recherche. Elle fustige l'inflation réglementaire en matière environnementale et l'obligation d'utilisation des énergies renouvelables qui coûtent de plus en plus cher aux entreprises. L'administration est aussi pointée du doigt. «Des postes sont vacants à la Région wallonne depuis des années, notamment celui du directeur général de l'Economie qui est vacant depuis 6 ans», dit-on. «Il y a aussi la concurrence déloyale du secteur public notamment celle du Forem ou des intercommunales qui interviennent parfois dans des secteurs du privé, mais en jouissant d'avantages. Il faut appliquer les mêmes règles comme celles liées à la TVA et aux impôts des sociétés aux intercommunales», dénonce Vincent Reuter, administrateur délégué de l'UWE.

© La Libre Belgique 2006