Entreprise

Xavier Niel, le fondateur de l'entreprise télécoms Free, a inauguré vendredi "19", une nouvelle école axée sur les métiers du numérique qui ouvre ses portes à Uccle. L'établissement, gratuit, est une filiale de "42", une institution mise sur pied par le milliardaire français à Paris. 19 se donne pour ambition de réinsérer les étudiants de 18 à 30 ans peu adaptés au système éducatif traditionnel et de créer des emplois en Belgique. Pour mener à bien son objectif de réinsertion socio-professionnelle, 19 utilise la pédagogie du peer-to-peer learning. Il s'agit d'un fonctionnement participatif qui permet aux étudiants de libérer leur créativité grâce à l'apprentissage par projets.

Pas d'enseignants

L'établissement ne dispose ainsi d'aucun enseignant, seulement d'une responsable pédagogique qui a été formée au sein de 42. En septembre, à l'issue de la dernière épreuve de sélection qui a été lancée vendredi, l'école comptera 150 étudiants qui pourront évoluer parmi les 21 niveaux que comporte la formation, explique Stephan Salberter, directeur de l'institution. 19 ne délivre pas de diplôme, l'enseignement étant axé sur le pragmatisme et l'apprentissage autonome. Deux stages de quatre mois en entreprise sont également prévus.


Son nom, 19, doit relever le caractère inclusif de l'établissement, affirme M. Salberter. "Chacun a sa place dans notre école. Nous sommes unis par un langage commun: le code", illustre-t-il. Pour lui, le potentiel des étudiants, leur marge de progression, leur créativité et leur volonté d'évoluer sont prioritaires aux qualités intrinsèques et aux connaissances préalables des cursistes.

Xavier Niel se réjouissait de l'ouverture de cette nouvelle succursale de son projet entamé il y a cinq ans. Contrairement à l'établissement parisien qu'il finance, il n'apporte ici qu'un soutien logistique et pédagogique en fournissant les programmes de 42.

Aujourd'hui, une dizaine d'anciens étudiants de 42 travaille au sein d'Iliad-Free, le groupe de M. Niel. "Mais l'intérêt n'est pas là. Je me suis demandé comment rendre un peu de tout ce que j'avais réussi. Et grâce à 42 et bientôt à 19, nous pouvons transformer des parcours chaotiques en réussite", se réjouit-il.

Une dizaine d'entreprises, dont plusieurs cotées au sein du Bel 20, parrainent le projet. Il en va ainsi de Belfius qui, au même titre que les autres partenaires, a offert 50.000 euros pour soutenir le projet. "Tous les métiers sont aujourd'hui 'disruptés' par la révolution numérique et des initiatives comme celle-ci permettent à des jeunes de s'émanciper", explique Marc Raisières, le CEO du bancassureur public. "A terme, nous espérons évidemment attirer quelques talents formés ici."


Les sponsors du projet ont ainsi la possibilité d'organiser des workshops au sein de l'école, ce que plusieurs entreprises sont déjà en train de mettre en place. UCB prépare ainsi des séminaires trimestriels afin d'espérer séduire la perle rare. "Ce type d'établissement est intéressant pour nous car il révèle aussi les jeunes qui ont l'esprit d'entreprise et qui se dévoilent par le mérite", fait valoir Jamie Martino, directrice du département social, collaboration & connaissance d'UCB. "Les jeunes avec une mentalité créative nous intéressent toujours."

John Bogaerts, le fondateur de 19, voit l'intérêt de son établissement de manière bien plus large. "C'est un projet national, révolutionnaire, innovant, incroyable et indispensable pour la jeunesse", a-t-il lancé aux mécènes et futurs étudiants présents pour l'ouverture de l'école.