Entreprise

Internet Attitude passe à l’action. Après son démarrage officiel voici quelques mois ("La Libre" du 18 décembre 2010), cette société d’investissement a annoncé la semaine dernière une première opération avec l’apport de quelque 250 000 euros dans Dialog Solutions, startup belge dont les produits visent à renforcer les liens entre une marque et ses consommateurs via les médias sociaux.

Le tour de table s’élevait globalement à 500 000 euros. Dans la foulée, un deuxième dossier pourrait être bouclé durant l’été, avec le dessein de réaliser quatre ou cinq investissements en tout pour cette année.

Société coopérative, Internet Attitude veut "accompagner et soutenir financièrement des acteurs du monde du web et des nouvelles technologies", avec une inclination pour les projets entrepreneuriaux en phase de démarrage ou de croissance. Si la taille du fonds est assez modeste (1,5 million d’euros), ses fondateurs espèrent cependant la doubler à terme.

Internet Attitude revendique son comité d’investissement comme principale spécificité : parmi ses chevilles ouvrières, on retrouve par exemple Olivier de Wasseige, fondateur de l’agence wallonne Defimédia, ou Amélie de Spot, qui a participé au lancement de plusieurs startups belges de la première heure comme ContactOffice ou IP Netvertising.

La philosophie du fonds semble se rapprocher du capital-risque tel qu’il se pratique dans la Silicon Valley californienne : loin de se limiter à ouvrir leur portefeuille, les instigateurs d’Internet Attitude entendent s’impliquer dans la vie de l’entreprise afin de lui apporter leur expertise, leur réseau de relations et, in fine, une sorte d’écolage où les vétérans du Net épaulent les nouveaux talents qui, pour la plupart, n’ont pas connu la première bulle des "dotcoms" à la fin des années 90.

D’après les observateurs, Internet Attitude vient combler un véritable manque dans la sphère belge des nouvelles technologies. Car, s’il n’y a probablement jamais eu autant de candidats à la création de startups, rares sont les projets qui arrivent à passer de la bonne idée au véritable produit commercial capable de s’exporter hors de nos frontières, affirment-ils. Avec son panel de professionnels chevronnés, la société pourrait devenir selon eux ce chaînon manquant qui fait défaut, surtout du côté francophone.