Je veux être un retraité heureux!

MONIQUE BAUS Publié le - Mis à jour le

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Reporter à 68 ans l'âge de la retraite. Ce projet ne plaît ni aux actifs ni aux (pré) pensionnés. Les premiers s'y opposent très clairement à 87pc. Les autres à 78pc. Toutes catégories sociales confondues.

L'enquête réalisée à la demande de la compagnie Axa (active en Belgique dans les domaines de la banque et des assurances) révèle que l'ensemble des personnes interrogées aimerait s'arrêter bien plus tôt. Dès 56 ans! Même si, qu'ils soient encore au travail ou pas, les répondants affirment considérer le fait d'avoir un emploi comme très ou assez important (à 92 ou 93pc).

Globalement, la vie post-professionnelle est considérée par tous avec beaucoup d'optimisme. C'est surtout le cas dans les classes sociales supérieures, où une majorité affirme même que la vie commence véritablement avec la retraite (lire encadré). Ce n'est que dans une très faible mesure que la période est associée aux mots vieillesse ou maladie.

Un léger bémol à l'enthousiasme ambiant. Il concerne les revenus des retraités. Les Belges actifs semblent assez pessimistes quand ils évoquent leur situation financière à l'issue de la vie active. Plus de 80pc envisagent des revenus inférieurs à leur dernier salaire. Ce que confirment les (pré)retraités, dont 77pc vivent en effet une telle situation.

Sur qui s'appuyer, en cas de difficulté? 64pc des répondants toujours sur le marché du travail estiment qu'il vaut mieux prendre des précautions et 31pc pensent qu'ils pourront compter sur leur famille (surtout dans les classes sociales moins élevées et dans les familles nombreuses). En moyenne, les personnes interrogées estiment avoir besoin de 5.000F de plus que leur pension. Le détail par catégories professionnelles montre que ce sont les fonctionnaires les plus gourmands (actifs ou pas, ils avancent un revenu nécessaire d'environ 70.000F, en comparaison des 60.000 évoqués par les employés ou des 50.000 des ouvriers).

Qui doit payer? Tout le monde est d'accord pour dire que, demain, ce sont les pouvoirs publics qui continueront à assurer les pensions (à plus de 93pc). De façon très réaliste, pourtant, les actifs comme les autres estiment néanmoins que les employeurs ont eux aussi un rôle à jouer (64 et 59pc), de même que les employés eux-mêmes (61 et 64pc, surtout des personnes issues de milieux élevés et relativement jeunes), pour assurer leur avenir.

A la lecture de ces résultats apparaît un réel changement de mentalité, d'une génération à la suivante. A la question de l'âge auquel il convient de préparer sa pension, les pré(pensionnés) répondent 50. Les actifs, 42. Et plus d'un actif interrogé sur deux déclare y avoir déjà pensé, voire avoir déjà pris certaines dispositions. Toujours sur le marché du travail, ils sont 62pc à souscrire une épargne-pension. C'est seulement le cas de 34pc des (pré)pensionnés. Et seulement 16pc des actifs ignorent quelles mesures prendre, pour 44pc des (pré)pensionnés!

La retraite, on s'en préoccupe donc de plus en plus sérieusement et de plus en plus tôt. Comment? On a encore du mal à se mettre au courant. 58pc des actifs et 46pc des (pré)retraités se déclarent trop peu informés sur les possibilités de compléter leurs revenus de pension. A bon entendeur

© La Libre Belgique 2000

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