Entreprise

Le ministre wallon de l'Économie a lancé mardi un appel au dialogue et à la responsabilité, à la veille de la reprise du travail à la FN Herstal et chez Browning International. Louant un "fleuron industriel de la Wallonie", il a mis en garde contre le risque de fragiliser cette entreprise. Le ministre dit envisager une évolution du modèle social, tout en confirmant l'absence de projet de privatisation. Le blocage de la FN Herstal et de Browning International par les travailleurs dure depuis le 29 septembre dernier et le refus de la direction de s'écarter de l'accord sectoriel prévoyant une augmentation salariale de 1,1%, alors que la FGTB en souhaite davantage. A partir de mercredi, le syndicat socialiste préconise un ralentissement de l'activité plutôt qu'un blocage pur et dur de l'entreprise.

Interrogé en commission du parlement wallon par Philippe Dodrimont (MR), le ministre Jeholet a rappelé la nécessité pour ce "fleuron de l'industrie wallonne", détenu à 100% par la Région, de rester compétitif et maintenir son centre de décision à Herstal, alors que les consolidations sont monnaie courante dans ce secteur de l'armement international.

"Le contexte géopolitique ne facilite pas les choses, et nous aurons bientôt un débat sur les licences d'exportation d'armes, que j'espère serein, en n'oubliant pas l'intérêt économique de la Région, des travailleurs et des sous-traitants", a ajouté le ministre, alors que la controverse sur les exportations vers l'Arabie saoudite revient régulièrement dans l'actualité.

Mais concernant le motif de la grève, Pierre-Yves Jeholet estime que les travailleurs de la FN "ont un salaire plus que correct, avec un intéressement aux résultats de l'entreprise". Il déplore le fait que la grève affectera les résultats de l'entreprise et la fragilisera.

"On ne pourra pas continuer à gérer la FN comme cela. J'ai des contacts pour voir comment on peut faire évoluer le modèle social au sein de l'entreprise. On ne peut pas être pris en otage comme on l'a été ici, scier la branche sur laquelle on est assis. Toutes les parties ont intérêt à avoir ce débat." Confirmant l'absence de projet de privatisation, le ministre a lancé "un appel au dialogue, à la sérénité et à la responsabilité".