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Carrefour Belgique n'a pas reçu d'aides régionales wallonnes, dans la mesure des recherches effectuées sur ces dernières années, a indiqué jeudi le ministre wallon de l'Économie et de l'Emploi Pierre-Yves Jeholet, interrogé à ce sujet en commission du parlement wallon. De nombreux députés cherchaient à savoir si le groupe français de grande distribution, qui a annoncé la semaine dernière un plan de restructuration à l'échelle de la Belgique menaçant 1.233 emplois, avait bénéficié d'aides wallonnes à l'emploi, à la recherche ou de primes à l'investissement, et si des garanties de préservation de l'emploi y étaient liées.

"A ma connaissance, et dans la mesure des recherches effectuées, il n'y a pas de dossier d'aides régionales à Carrefour", a répondu le ministre MR. Il ne s'est pas prononcé sur le volet des intérêts notionnels, qui est du ressort fédéral.

Quant au dispositif des zones franches, qui permet depuis peu aux entreprises de bénéficier d'une réduction de 25% du précompte professionnel pour tout emploi créé, "il faut examiner ce qui sera considéré comme nouveaux emplois", a fait observer le ministre, qui n'a pas écarté cette piste potentiellement intéressante pour des employeurs qui engageraient des travailleurs licenciés.

Les opérateurs régionaux de l'emploi et de la formation (Forem, VDAB et Actiris) ont été mandatés dès vendredi pour élaborer un plan d'urgence sociale qui devrait permettre, selon les termes du ministre libéral, de "limiter la casse" sociale. Ils se revoient le 7 février prochain à ce propos et doivent présenter ce plan aux ministre régionaux le 19 février prochain.

M. Jeholet répondait aux députés wallons à l'occasion d'une commission Economie-Emploi du parlement wallon convoquée en urgence sur la situation de Carrefour.

Il a été pris à partie par les députés PS, qui lui ont reproché une attitude attentiste et fataliste. Le ministre avait affirmé, après l'annonce du plan de restructuration, qu'il ne souhaitait pas aller à la confrontation avec Carrefour vu le nombre d'emplois (plus de 10.000) toujours présents dans le groupe en Belgique.

Pour Christie Morreale (PS), il faut au contraire "mettre la pression" et "aller à la confrontation" afin d'obtenir de Carrefour des garanties en termes d'emplois, car rien ne dit que le groupe, qui est passé de 17.000 à 10.000 travailleurs en huit ans, ne continuera pas à réduire son personnel. Les députés PS ont en outre réclamé une table ronde pour réfléchir à l'avenir du secteur.

Le ministre a rappelé que la Wallonie n'était pas le seul niveau de pouvoir impliqué et a renvoyé à la task force qui sera prochainement mis en place au niveau fédéral ainsi qu'à la possibilité qu'il se réserve de convoquer une conférence interministérielle, qu'il préside actuellement.

Marie-Dominique Simonet (cdH) a rejoint le ministre dans sa volonté de "ne pas aller au clash" et de soutenir une task force nationale. Elle juge aussi nécessaire, comme le ministre l'a envisagé, de réévaluer le projet de décret sur les implantations commerciales et le Schéma de développement territorial à la lumière du dossier Carrefour.

Pour Philippe Henry (Ecolo), si tout ne dépend pas du gouvernement wallon ni des pouvoirs publics, il manque encore à ces derniers des moyens d'action comme une cellule d'anticipation des restructurations, qui garderait à l'oeil les grandes entreprises, ainsi que des mécanismes de récupération des aides, le cas échéant.