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ÉCLAIRAGE

Les difficultés économiques, néfastes à l'emploi? Pas pour tout le monde! Les jeunes diplômés des grandes écoles de management ont plutôt la cote en ce moment.

La Reims Management School a mené une enquête auprès des diplômés 2000 de son programme international Cesem (Centre d'études supérieures européennes de management). Evolution des salaires, choix des postes et mobilité. Tous les indicateurs sont au beau fixe. Polyglottes et multiculturels, ces managers croulent apparemment sous les offres d'emploi. Des propositions financièrement plus intéressantes que par le passé. Pour des carrières aux choix qui, eux aussi, ont changé.

Quatre-vingts anciens de la promotion 2000 du Cesem, issus de 8 pays différents, ont accepté de se plier au jeu dont la principale conclusion est la forte demande pour ce type de jeunes professionnels. Elle se marque notamment dans les salaires. Alors que la moyenne des premiers salaires était de 28 048 € par an en 1998 et de 28 201 € en 1999, on a atteint en 2000 le chiffre record de 32 621 € par an. Les domaines d'activités les plus généreux pour les diplômés de cette branche sont l'industrie lourde (base annuelle 2000 de 41 920 € par an), la construction mécanique ou navale (38 109 € par an) et l'export (37 957 € par an). A l'inverse, on pointe les `affaires´ les moins intéressantes dans l'enseignement (avec 19 817 € annuels de moyenne). `Les salaires ont très positivement évolué´, confirme Nathalie Eckman, 37 ans, manager chez PWC Consulting. `A l'époque où j'ai moi-même décroché mon diplôme, en 1985, les choses étaient plus difficiles. Aujourd'hui, toutes les entreprises raisonnent au niveau international.´

Les statistiques publiées par la Reims Management School montrent la très spectaculaire évolution de certaines niches, autrefois à la traîne, et qui figurent aujourd'hui parmi les leaders. C'est le cas de l'audit qui attirait 19 pc des diplômés en 2000, contre 8 pc en 1999 et 6 pc à peine, en 1998. Même chose avec les nouvelles technologiques. De 2 pc en 1998, elles sont passées à 6 pc en 1999 et 18 pc en 2000! Un autre secteur qui a considérablement évolué est celui des médias, de l'édition et des communications qui ont attiré 9 pc des diplômés de la promotion 2000 du Cesem, alors qu'ils n'étaient que 3 pc de l'effectif en 1998. `Ce type de formation ouvre un peu toutes les portes´, confirme la professionnelle. `Pour ma part, j'ai commencé à travailler en France, dans une société d'export, puis je suis passée cinq ans en Suisse, puis en Autriche et enfin en Belgique où j'ai rencontré un Belge...´ Aujourd'hui, Nathalie est consultante chez PriceWaterhouse Coopers, spécialisée dans les projets de share-services. `Pour les entreprises qui décident de faire des économies d'échelle en regroupant leurs services, de comptabilité par exemple, à une seule adresse´, traduit-elle.

De façon générale, le nombre d'embauches confirme la forte demande de main d'oeuvre. En 2000 comme en 1999, 47 pc des diplômés avaient un poste sûr avant même la fin de leurs études. Ceci dit, le nombre d'étudiants recevant entre 2 et 5 offres différentes, a considérablement augmenté en 2000. En 1998, 53 pc des diplômés du Cesem pouvaient choisir dans une telle palette. Ils étaient 72 pc en 2000! `Tous mes anciens camarades de cours ont trouvé rapidement et travaillent toujours´, témoigne encore l'ancienne diplômée.

Ce dont l'école se réjouit particulièrement, c'est de l'augmentation du nombre de diplômés. `Reims a été précurseur dans ces grands programmes d'échanges internationaux´, mentionne Nathalie qui se souvient, non sans fierté, d'un temps (le sien) où ce style de trajectoire était moins couru. Elle relève enfin l'engouement grandissant pour les carrières internationales. Ainsi, environ 64 pc des diplômés de la promotion 2000 travaillent-ils ailleurs qu'en France où ils ont suivi leur cursus.

© La Libre Belgique 2002