Entreprise Nette progression du bénéfice et… des dépôts. Et cela, malgré des taux d’intérêt au plancher.

Tout va bien, même très bien, pour le groupe de bancassurance KBC. Au deuxième trimestre, il a réalisé un "résultat exceptionnellement robuste" de 855 millions d’euros, titre le communiqué publié hier.

Dans un contexte de taux d’intérêt bas, d’inflation faible et d’appréciation d’euro, il a continué à engranger des "revenus solides".

Malgré le niveau plancher des taux d’intérêt, la banque continue à enregistrer une hausse sensible des dépôts (+8 %). Fait notable que l’on retrouve d’ailleurs dans d’autres grandes banques belges : les dépôts augmentent plus que les crédits (+3 %). Ce qui pose la question du placement des surplus de liquidités.

Ce surplus est placé en grande partie auprès de la Banque centrale européenne (NdlR, qui offre des rendements quasi nuls) et aussi en partie dans des activités de trading, a expliqué hier le CEO, Johan Thijs, lors de la conférence de presse. "En Belgique, c’est clair que cela nous coûte de l’argent."

Le livret d’épargne, un "coffre-fort"

Et comment expliquer que les épargnants continuent à apprécier les livrets d’épargne dont les rendements sont négatifs si on prend en compte le niveau de l’inflation ? Johan Thijs a parlé de "parkeerplaats", que l’on pourrait traduire par une sorte de "coffre-fort". Il constate néanmoins que les épargnants commencent à investir dans des placements alternatifs comme les fonds d’investissement.

Quant à la mesure prise par le gouvernement, lors du dernier conclave budgétaire, qui consiste à réduire quelque peu l’avantage fiscal sur les livrets, elle ne devrait pas changer fondamentalement le comportement des épargnants belges. "C’est déjà une première initiative, mais les taux sont tellement bas qu’elle n’est pas perceptible pour l’épargnant", commente Johan Thijs.

Lequel a dit hier ne pas s’attendre à un grand changement de la politique monétaire de la BCE avant 2018. "On s’attend à des taux d’intérêt bas" en tout cas encore pendant quelques mois. "La pression sur les marges d’intérêt va se maintenir. Ce qui nous incite à chercher des sources de revenus qui ne sont pas impactées."

Nouveaux acteurs

Pour l’avenir, Johan Thijs refuse de s’asseoir sur ses lauriers. Dans les principaux défis qu’il devra affronter, il pointe du doigt les incertitudes sur l’évolution du monde de la finance. "Je ne sais pas d’où viendra la concurrence à l’avenir", a-t-il expliqué. Et cela notamment compte tenu de l’arrivée de nouveaux acteurs, en particulier dans le secteur du digital, et aussi des nouvelles initiatives notamment dans le secteur de l’assurance. 



Une baisse d’impôt avec effet… négatif

Meilleur que prévu. KBC a fait nettement mieux que prévu au 2e trimestre, avec un bénéfice net de 855 millions d’euros alors que les analystes interrogés par l’agence Bloomberg tablaient sur 730,5 millions, a annoncé le bancassureur jeudi. Le trimestre sous revue a été caractérisé "par un total des revenus solide et par d’importantes libérations de réductions de valeur sur crédits (78 millions d’euros), portant le résultat net pour le premier semestre à 1,485 milliard d’euros, soit un tiers de plus que les 1,113 milliard d’euros enregistrés au premier semestre 2016", a poursuivi KBC.

Action en baisse. L’action KBC (-1,90 % à 69,36 euros) n’a pas tiré profit des bons résultats. En cause : le calcul de l’impact comptable négatif (230 millions) que pourrait avoir la baisse de l’impôt des sociétés décidé par le gouvernement. Ce qui a poussé certains analystes à anticiper une conséquence en termes de dividende même si le CEO n’a pas fait ce lien. Le bancassureur a annoncé hier la distribution d’un dividende intérimaire de 1 euro par action.